Le nouvel ouvrage, qui vient d'être publié en arabe et en anglais, est intitulé What Are the Environment's Regulations and Policies in the Mediterranean Sea Countries ? et a été rédigé par Cynthia Eid, chercheuse et professeure universitaire, qui occupe le poste de directrice du centre de langues vivantes et de ressources à l'UPA. Cet ouvrage, très complet sur l'état des législations mais aussi sur la coopération entre les pays, peut d'ores et déjà être considéré comme une référence en la matière, d'autant plus que l'auteur y a inséré ses recommandations pour l'amélioration d'un cadre législatif crucial pour la protection de cette mer et des populations tout autour.
C'est au cours d'une table ronde intitulée « Les enjeux et défis de l'environnement dans les pays du bassin méditerranéen », organisée par l'UPA en son siège, que l'ouvrage a été présenté au public et signé par son auteur. Le ministre de l'Environnement Antoine Karam, le recteur de l'UPA, le père Antoine Rajeh, et le chargé des relations publiques de l'ambassade des États-Unis, Ryan Gliha, ont prononcé des allocutions à cette occasion.
Dans sa présentation, Mme Eid a commencé par constater que l'environnement, par nature, ne connaît pas de frontières, d'où le fait que « l'une des caractéristiques du droit de l'environnement, national ou international est la difficulté de tracer ses contours avec netteté ». Elle s'est attardée sur les différences entre le Nord et le Sud (en déplorant qu'il soit « absent » des Constitutions des pays du Sud, notamment au Liban), pour constater enfin que « les efforts nationaux seuls ne suffisent pas à sauvegarder l'environnement » méditerranéen. La chercheuse a également analysé le passage du droit de l'environnement au statut de droit fondamental, par les conventions internationales, les sommets, les réunions... Elle a constaté que les défis dans les pays méditerranéens sont nombreux et que les efforts déployés ne sont pas à la hauteur, mais qu'une lueur d'espoir réside dans le recoupement des intérêts régionaux, avec l'Union européenne pour moteur principal et par le développement du droit régional de l'environnement.
Législations peu appliquées
Tout au long de son intervention, Cynthia Eid a déploré le peu d'attention accordée à la dégradation environnementale au Liban. Et ce n'est pas le ministre de l'Environnement qui l'a contredite. Antoine Karam a rappelé l'importance de l'adoption, en 2002, du code de l'environnement, mais il s'est plaint des difficultés à faire appliquer la loi et des « protections politiques ». Le ministère de l'Environnement a été créé en 1994 au Liban, a-t-il rappelé, mais ce pays a été devancé par d'autres pays arabes et environnants dans l'application de législations pour la protection de l'environnement, comme la Tunisie ou la Jordanie.
Le ministre a évoqué les défis mondiaux du changement climatique et l'engagement que doivent prendre les pays industrialisés à Copenhague en décembre. Et c'est justement de cela qu'a parlé Ryan Gliha. Le représentant de l'ambassade des États-Unis a mis l'accent sur la politique environnementale de la nouvelle administration US et sur les « engagements pris dans les derniers mois en faveur des énergies propres, de la sécurité climatique et de la reprise économique, ainsi que l'entrée en force dans les négociations climatiques internationales ».
C'est un vibrant hommage à l'ouvrage de Cynthia Eid qu'a rendu le père Rajeh, constatant que l'ouvrage se situe au recoupement de deux soucis majeurs, « la sauvegarde d'un environnement sain par respect des droits des générations futures, et la velléité de le faire dans la conscience la plus claire de l'unité de la destinée humaine et la nécessité incontournable, pour les riverains de la Méditerranée, de travailler ensemble pour le maintien et l'amélioration de leur habitat commun ».


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