Dans les milieux politiques proches des deux camps rivaux, on espère toujours - du moins publiquement - de parvenir dans les prochains jours à une entente au sujet de la composition de la nouvelle équipe ministérielle. Mais rien n'est moins sûr, s'il faut tenir compte des commentaires des uns et des autres, hier, sur l'issue de la cinquième rencontre entre MM. Hariri et Aoun. Ceux-ci témoignent surtout de la difficulté des pourparlers engagés pour parvenir à une formule consensuelle, dans la mesure où ces négociations tournent autour des points auxquels chacune des deux parties reste attachée. Ainsi, pour le CPL, il n'est toujours pas question de renoncer aux Télécommunications à moins d'avoir en contrepartie au moins deux ministères qui correspondent à son poids politique. Le vice-président sortant du Conseil, Issam Abou Jamra, et les ministres sortants, Gebran Bassil et Mario Aoun, sont clairs à ce sujet. Et pour la majorité, une telle éventualité n'est toujours pas acceptable. L'heure des concessions n'a toujours pas sonné et le blocage reste entier, chacun des deux camps étant persuadé que la balle se trouve dans le camp de l'autre.
Même si les deux refusent de parler d'impasse, considérant que « les variations autour d'un même thème » peuvent être considérées comme un progrès, il reste que le dossier gouvernemental est bloqué au point que le président de la Chambre, Nabih Berry, et le député Sleimane Frangié, proche du général Aoun, doivent incessamment entreprendre, sous l'impulsion de Damas, une sorte de mission de bons offices.
Selon notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane, M. Berry a d'ores et déjà entamé une série de contacts, tantôt publics, tantôt discrets, censés favoriser un déblocage. C'est dans ce cadre qu'il faut d'ailleurs situer la visite de M. Bassil hier à Aïn el-Tiné où il a passé en revue avec le président de la Chambre et en présence du député Ali Hassan Khalil les étapes franchies au niveau des discussions avec le Premier ministre désigné. À sa sortie, le ministre a indiqué que « la formation d'une nouvelle équipe ministérielle est facile, pour peu qu'on tienne compte du principe du partenariat authentique, qu'on reconnaisse les résultats des législatives et que chaque partie soit représentée en fonction de son poids, qui doit se refléter dans le nombre de ministres et dans la qualité des portefeuilles qu'elle obtiendra ». « En définitive, il faut réaliser qu'un bloc parlementaire est constitué de 27 députés et accepter que sa représentation au sein du Cabinet soit supérieure à celle d'un bloc de 5 ou de 6 députés. » Son discours est on ne peut plus éloquent.
De sources bien informées, on indique que le rythme des contacts entrepris par M. Berry devrait s'intensifier dans les prochains jours, notamment après son entretien hebdomadaire avec le président Michel Sleiman, demain mercredi, et alors qu'un émissaire de M. Hariri serait engagé dans une navette entre la Maison du centre et Rabieh dans une tentative de dégager une entente autour des formules échangées pour la composition du gouvernement.
Le CPL souhaite toujours avoir les Finances ou l'Intérieur en contrepartie des Télécommunications. C'est ce que M. Mario Aoun a réaffirmé hier, en soulignant que les portefeuilles de la Justice et des Travaux publics ne sont pas suffisants pour justifier un abandon des Télécoms, à moins que les deux ne soient confiés au CPL.
Dans les cercles proches de M. Hariri, la discrétion reste de rigueur. Mais de sources bien informées on indique que le Premier ministre désigné aurait proposé quatre formules au général Aoun : Énergie-Éducation, Travail-Déplacés, Énergie-Affaires sociales, Travail-Culture, assorties d'un engagement de débloquer la somme de 600 millions de dollars pour clôturer le dossier des déplacés, dont le général Aoun avait fait son cheval de bataille.
Au cas où les Travaux publics seraient confiés au CPL, les Télécommunications iraient au PSP, indique-t-on de mêmes sources, sans être catégoriques à ce sujet.
Quoi qu'il en soit, une entente est loin d'être imminente. Résultat : faute d'un accord politique autour du gouvernement, la réunion parlementaire prévue pour aujourd'hui, pour l'élection des commissions parlementaires, devrait être encore une fois reportée.


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