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Culture - Livre

Éloge du rêve américain

Un premier roman à vingt-huit ans dans cette turbulente rentrée littéraire 2009. Olivier Jacquemond signe son premier opus fictionnel, « New York Fantasy » (Mercure de France - 121 pages), dans un style narratif moderne, tendre et nerveux, entre fascination et nostalgie pour les mégapoles tentaculaires, mais avec un évident parti pris pour un vibrant éloge de la liberté du rêve américain...
Sans grand fracas ni innovation littéraire absolue, Olivier Jacquemond se fraye son petit chemin dans le monde des lettres... Avec une fiction toute simple ayant pour fond de décor un bar new-yorkais où se jouent les premières armes d'une certaine éducation (sentimentale et culturelle), Éric, le jeune héros du roman, entraîne le lecteur dans le dédale d'une ville qui n'a plus le même profil après le 11-Septembre...
« J'ai quitté le quartier de Pigalle avec ses putes et ses néons, ses sex shops et ses camés pour un entrepôt en plein cœur du Lower East Side. J'ai quitté la pègre pour la bohème, un quartier malfamé pour un autre afin de retrouver un peu de l'insouciance d'une jeunesse soldée... »
C'est par ces petites phrases anodines et annonçant la couleur d'échange de deux villes-stars que s'ouvre ce premier roman voué en fait à l'amitié, mais aussi au sens de la filiation et de la transmission. Car Éric va rencontrer dans ce bar où il sert une faune nocturne interlope un personnage qui va le révéler à lui-même. Critique de musique rock, Mick Bowery va entraîner son jeune ami français dans le sillage de Bob Dylan et Lou Reed, mais aussi de Leornard Cohen, dont les chansons sont en fait une passion commune aux deux amis...
Et puis brusquement, en filigrane, émerge l'histoire du père d'Éric qui écoutait lui aussi les chansons de l'auteur-compositeur et interprète canadien... Histoire qui se mêle avec tout ce que l'ascendance et l'hérédité ne disent pas...
Pour cette « génération négligée » (des aveux même de l'auteur, né en 1976), ce roman à quelques personnages est une défense et illustration des désirs d'évasion et de liberté. Évasion dans une ville où l'on vient non pour vivre ou concrétiser un rêve, mais plutôt pour s'inventer des rêves qu'on n'a pas...
Par petites phrases incisives, par petites réflexions sur des êtres happés par la vie et sa rapidité, Olivier Jacquemond dresse un petit inventaire de la fragilité du parcours humain, mais aussi de la ténacité de tout désir d'accomplir une destinée couronnée par le succès... « Mus par un même désir, une même volonté, ces êtres finissaient tous par se ressembler : impossible de trouver une serveuse qui ne rêvait pas de tourner pour Woody Allen ou Ridley Scott, de sortir avec Colin Farell ou de faire un duo avec Mariah Carey, Beyoncé ou Gwin Stefani... »
Un petit livre branché et relativement agréable à lire, écrit sans chichis malgré quelques maladresses (sans parler des insistantes citations de textes en anglais de Leonard Cohen) et qui en dit surtout long sur l'agitation de New York où « la roue tourne vite »...
Sans grand fracas ni innovation littéraire absolue, Olivier Jacquemond se fraye son petit chemin dans le monde des lettres... Avec une fiction toute simple ayant pour fond de décor un bar new-yorkais où se jouent les premières armes d'une certaine éducation (sentimentale et culturelle), Éric, le jeune héros du roman, entraîne le lecteur dans le dédale d'une ville qui n'a plus le même profil après le 11-Septembre...« J'ai quitté le quartier de Pigalle avec ses putes et ses néons, ses sex shops et ses camés pour un entrepôt en plein cœur du Lower East Side. J'ai quitté la pègre pour la bohème, un quartier malfamé pour un autre afin de retrouver un peu de l'insouciance d'une jeunesse...
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