« Il s'agit d'une faute humaine. Une caméra fixée sur le bâtiment du ministère de la Justice (visé par l'attaque) a filmé l'attentat-suicide. C'était un camion Renault blanc de la compagnie d'eau de Fallouja. Comment a-t-il pu arriver jusqu'ici et passer tous les barrages ? » a affirmé à l'AFP le gouverneur de Bagdad. « Un camion n'est pas autorisé à venir en ville dans la journée et encore moins ici. Il s'agit ou d'une négligence (des services de sécurité), ou que le chauffeur bénéficiait de complicité. L'enquête doit nous le dire », a souligné Salah Abdel Razak qui visitait les lieux des attaques.
Selon lui, dans le second attentat, qui visait le siège du gouvernorat de Bagdad, c'est un minibus Kia qui a explosé. « Au moins 12 employés ont été tués, notamment des gardes », a-t-il dit.
Le double attentat de dimanche a fait près de 600 victimes. Il s'agit du bilan le plus meurtrier depuis plus de deux ans en Irak, où quatre attentats avaient fait 400 morts dans la province de Ninive (Nord) le 14 août 2007.
Le gouverneur a affirmé que « dès dimanche soir, les mesures de sécurité ont été passées en revue et elles vont être accrues. Nous allons mettre en place des sonars mobiles et 300 appareils de détection des explosifs. Il va falloir aussi fermer certaines routes menant aux ministères à Salhiya » dans le centre de Bagdad.
Un pays voisin ?
Pour sa part, le général Mohammad al-Askari, porte-parole du ministère de la Défense, a annoncé à l'AFP l'arrestation de « plusieurs personnes impliquées dans les attentats ». « Les informations que nous possédons confirment l'implication d'el-Qaëda et des baassistes dans l'attaque de dimanche », a-t-il assuré. « Nous avons perquisitionné deux maisons, dans deux quartiers de Bagdad, et nous avons trouvé les produits chimiques qui ont servi aux attentats, et ils venaient d'un pays voisin », a-t-il dit sans préciser lequel. Il a cependant confié qu'il s'agit du même matériel utilisé le 19 août.
Hier, les membres de la Défense civile travaillaient d'arrache-pied à la recherche d'autres victimes.
Loi électorale
Enfin, les principaux dirigeants politiques irakiens se sont mis d'accord en soirée sur un compromis amendant la loi électorale en prévision des élections générales prévues le 16 janvier, a affirmé à l'AFP le vice-président du Parlement, Khaled al-Atiyya. « Un accord a été trouvé sur une proposition d'amendement à la loi électorale. La direction du Parlement va la présenter mardi aux dirigeants des groupes parlementaires, et s'il y a un accord, la loi sera présentée au vote des députés », a-t-il dit sans vouloir donner le contenu de l'accord.

