Le premier attentat a visé vers 10h30 (07h30 GMT) le ministère de la Justice et celui des Municipalités et des Travaux publics qui se font face dans la rue de Haïfa. Dix minutes plus tard, une seconde explosion s'est produite devant le siège du gouvernorat de Bagdad, dans le même secteur.
« Les crimes du Baas et d'el-Qaëda ne réussiront pas à bloquer le processus politique et la tenue des élections. C'est la même main maculée de sang qui a commis les attentats du 19 août et nous punirons les ennemis de l'Irak », a affirmé dans un communiqué le Premier ministre Nouri al-Maliki qui s'est rendu sur les lieux des attentats. L'Irak avait accusé la Syrie d'abriter les commanditaires du double attentat du 19 août, qui visait deux ministères à Bagdad et avait fait 95 morts, provoquant une crise diplomatique avec Damas. La Syrie, qui avait nié abriter les commanditaires, a condamné hier dans un communiqué l'attentat du même jour, parlant d'« actes criminels ».
Les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy ont également condamné les attaques. L'Iran, l'allié régional de la Syrie, a dénoncé des « actions terroristes (qui) visent à perturber (...) le processus de renforcement des structures démocratiques ».
Peu après les explosions, des corps gisaient dans la rue ensanglantée devant les ministères. Des dizaines de voitures brûlaient et les secouristes essayaient d'extraire des passagers totalement calcinés. La fureur des habitants s'est dirigée contre les autorités. Mohammad Radi, un employé du ministère de la Justice, qui était à la recherche de sa sœur, s'en est pris aux policiers. « Leurs appareils ne détectent pas les explosifs mais seulement les parfums de femmes. Ils passent leur temps à bavarder entre eux ou sont pendus à leur téléphone au lieu de contrôler les voitures », a-t-il affirmé à l'AFP.
Les attentats ont permis paradoxalement de sauver une personne, selon un policier sur place. Il a raconté à l'AFP qu'un homme venait d'être kidnappé et se trouvait dans le coffre d'une voiture au moment des explosions. Il a été libéré par les forces de l'ordre, deux des ravisseurs ont été tués et le chauffeur du véhicule a été blessé.
À l'hôpital al-Karama, des dizaines de personnes se pressaient pour consulter la liste des victimes. « Où est Kazem, où est mon mari ? Les voisins m'avaient dit qu'il était ici mais je ne le trouve pas », se lamentait Oum Ahmad, 45 ans.
Le chef de l'armée de terre irakienne avait mis en garde samedi contre le risque d'un regain de violences dans les neuf prochains mois en raison des futures élections générales. Dans un entretien avec l'AFP, le général Ali Gheidan s'est également dit préoccupé par les répercussions d'un éventuel report de ce scrutin prévu en janvier.
Les dirigeants irakiens se sont réunis hier pour tenter de se mettre d'accord sur une nouvelle loi électorale permettant l'organisation du scrutin le 16 janvier. Le Parlement avait échoué mercredi à trouver un accord sur ce texte, en raison de l'âpre bataille entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de la région pétrolière de Kirkouk (Nord).

