Par ailleurs, dans une déclaration à la presse, M. Souhaid a commenté les derniers propos du chef du CPL, Michel Aoun, concernant la formation du gouvernement, affirmant à ce sujet que le général Aoun a voulu en quelque sorte « libaniser, sous différents prétextes, l'obstacle régional qui entrave la formation du gouvernement ». « Une certaine volonté arabe visant à faciliter la formation du gouvernement est apparue à la faveur de la déclaration du ministre égyptien des Affaires étrangères et celle du président syrien Bachar el-Assad, a relevé Farès Souhaid. Par contre, aucun indice iranien n'est apparu concernant la nécessité de faciliter la mise sur pied de l'équipe ministérielle. En entreprenant de hausser les enchères, Michel Aoun a sans doute voulu libaniser cette décision iranienne (d'entraver la naissance du cabinet), l'Iran étant dans l'attente du résultat des négociations américano-iraniennes portant sur le dossier du nucléaire ».
Abordant ensuite le rôle de la composante chrétienne du 14 Mars, M. Souhaid a mis l'accent sur l'importance de la réunion de concertations interchrétienne qui s'est tenue au début de la semaine à la résidence du leader des Forces libanaises, Samir Geagea, à Meerab. « La réunion de Meerab, a notamment déclaré M. Souhaid, a été d'autant plus importante qu'elle n'a pas porté sur la formation du gouvernement ou sur la conjoncture du moment, mais elle a été plutôt axée sur la réaffirmation du choix politique des chrétiens du 14 Mars, basé sur l'attachement à la coalition du 14 Mars, sur la coexistence et le partenariat islamo-chrétien, parallèlement au souci de faciliter la mission du Premier ministre désigné ».
Et M. Souhaid d'ajouter : « La question du partenariat islamo-chrétien a donc prévalu (lors de la réunion de Meerab) sur le problème de la répartition des portefeuilles et sur les intérêts privés, ce qui a embarrassé l'autre partie (le 8 Mars) qui veut présenter la composante chrétienne du 14 Mars comme étant une faction éphémère qui cherche à tirer profit de son alliance avec le Courant du futur. Or la réunion de Meerab a apporté la preuve que cette composante chrétienne du 14 Mars agit sur base de choix politiques fondamentaux et clairs, et ce sont ces choix qui constituent pour elle la priorité, et non pas la répartition des portefeuilles. »
M. Souhaid s'est d'autre part déclaré surpris par les réactions négatives suscitées par la dernière visite du Premier ministre Saad Hariri au leader des FL, Samir Geagea. « Cette visite était naturelle dans la mesure où M. Hariri s'est entretenu avec un leader connu pour sa droiture et sa sincérité, et qui bénéficie d'une large assise politique dans les milieux chrétiens. Le Premier ministre désigné confère avec toutes les parties politiques. Pourquoi sa visite à Meerab a-t-elle donc provoqué un tel tollé ? Nous nous trouvons face à une occasion en or en vue de former le gouvernement. Si Michel Aoun n'est pas lié réellement à une partie régionale, il devra s'intégrer au processus d'édification de l'union nationale », a conclu Farès Souhaid.

