Le Français, qui a dirigé Peugeot vers les sommets en rallye et en endurance avant de relancer Ferrari en formule 1, a battu Ari Vatanen, ancien champion du monde de rallye, par 135 voix contre 49 au Finlandais lors d'un vote à bulletin secret. À 63 ans, il succède à Max Mosley, président pendant 16 ans. « Je suis soulagé car cela a été une expérience extrêmement prenante », a déclaré Jean Todt en conférence de presse. « Je suis un angoissé par nature, et même si je savais que j'avais un fort soutien (...) je sais que la victoire, c'est quand on a passé la ligne d'arrivée. » Au cours d'une campagne électorale virulente, le Français a notamment été soutenu par Max Mosley et Bernie Ecclestone, l'influent responsable des droits commerciaux de la F1.
Ari Vatanen, ancien député européen, s'était présenté en candidat du changement et de la transparence. « Je pensais que davantage de personnes voteraient pour moi, mais apparemment, les délégués ont ressenti une pression », a commenté le Finlandais. « C'est très difficile de renouveler ce régime, a-t-il poursuivi. J'espère que la FIA va devenir une institution plus démocratique, mais pour l'instant, cela reste un vœu pieux. »
En attente d'un nouveau climat
Jean Todt a pour sa part adopté un ton conciliant en assurant qu'il « ne fermera la porte à personne ». « Je suis contre l'idée de dire qu'il faut tout changer. J'ai parlé de changement constructif et d'adaptation (durant la campagne) », a-t-il dit. Pris dans la tourmente en 2008 après la révélation de sa participation à des séances sado-masochistes avec des prostituées, Max Mosley avait succédé en 1993 à un autre Français, Jean-Marie Balestre. Les écuries de formule 1, qui se sont vivement opposées au président sortant de la FIA, ont salué l'élection de Jean Todt. « Je souhaite adresser mes meilleurs vœux à Jean Todt pour ses nouvelles fonctions car j'ai toujours apprécié sa compétence et son implication », écrit Luca di Montezemolo, président de Ferrari, dans un communiqué publié au nom de la FOTA, l'association des écuries de F1.
« Je suis sûr que, sous sa direction, la fédération va se renouveler et va rétablir un climat favorable au dialogue et une collaboration constructive avec les écuries et la FOTA, permettant de garantir la stabilité des règlements », a ajouté l'ancien patron de Jean Todt.
La FOTA a menacé cette saison de créer une compétition parallèle à la F1 en raison de la volonté de Max Mosley d'imposer une réduction drastique des coûts.
Optimiste
Jean Todt n'a pas entièrement dévoilé ses projets dans ce domaine, mais il s'est dit favorable à la réduction des coûts engagés en F1, tout en exprimant sa volonté « d'harmonie ». « Un grand pas a d'ores et déjà été accompli, mais le niveau des coûts était inacceptable », a déclaré en anglais le nouveau président de la FIA. Jean Todt entend déléguer à des sortes d'intendants la direction de chacune des disciplines du sport automobile, notamment pour la formule 1 où les problèmes de personnes ont joué un rôle considérable dans ses récentes querelles.
« Je ne sous-estime pas les problèmes, mais durant ma carrière, mon succès a toujours été de m'entourer des bonnes personnes », a-t-il déclaré.
Il s'est dit optimiste sur la restauration de l'image de la F1, entamée par le scandale d'espionnage de McLaren en 2007 et la tricherie de Renault lors du Grand Prix de Singapour en 2008. « Oubliez mes nouvelles fonctions. Je suis un fervent supporter de ce sport. Si j'ai concouru pour ce poste, c'est parce que j'aime les voitures et la course », a-t-il souligné.
« Il est juste de dire que ces dernières années, et pas seulement les deux dernières, de nombreux problèmes ont surgi mais la formule 1 reste l'un des sports les plus importants. Sa résonance est telle que parfois, des gens ont commis des erreurs et la FIA a dû réagir (...) Toutes ces polémiques ont ouvert les yeux des personnes impliquées dans ce business et je suis optimiste sur le fait que les choses vont s'améliorer. »

