Comment affronter cette nouvelle situation ? Comment aider les parents, notamment lorsqu'il s'agit d'une issue fatale ? Des questions auxquelles tentera de répondre le colloque sur « la famille et la société face aux maladies graves et chroniques de l'enfant » dont les travaux se tiendront demain samedi 24 et dimanche 25 octobre au campus des sciences médicales de l'Université Saint-Joseph, rue de Damas, amphithéâtre C.
Placé sous l'égide de la Fondation humanitaire al-Walid ben Talal, le colloque est organisé par le Centre arabe de recherches psychologiques et psychanalytique.
« L'annonce d'une maladie grave et chronique chez l'enfant est accompagnée d'un changement dans toute la structure de la famille et dans la relation avec les autres enfants, explique le Dr Adel Akl, psychiatre et membre du comité scientifique du colloque. Nous cherchons donc à travers ce colloque à trouver les moyens pour aider les familles. D'abord pour annoncer la nouvelle, d'autant que les équipes médicales ont des difficultés et un malaise à le faire. De leur côté, les parents vont affronter ce traumatisme qui va toucher les rêves et les projets d'avenir qu'ils ont pour cet enfant. On se dit qu'une personne âgée a fait sa vie, mais la pathologie grave de l'enfant va perturber toute son évolution, son éducation et son implication dans la société. »
C'est donc ce soutien qu'il faut apporter aux parents qui sera au centre du colloque qui réunira deux jours durant des psychiatres, des médecins, des psychanalystes et des familles d'enfants malades.
« Il existe sûrement des associations au Liban qui ont pour mission d'aider les enfants malades soit au sein de l'hôpital, soit dans les familles, poursuit le Dr Akl. Une partie de leur travail est également dirigée vers les parents qui restent l'élément-clé, parce que si nous arrivons à les soutenir, on trouvera un moyen de soutenir l'enfant. »
Comment se traduiront les travaux du congrès sur le terrain ? « Nous allons partager avec des groupes de psychanalystes, psychologues et psychiatres de France la possibilité d'institutions à établir dans le pays pour aider les parents, répond le Dr Akl. En général, les parents sollicitent une aide matérielle. Mais pour nous, c'est l'aide psychologique qui est importante et qui doit s'établir essentiellement par la création d'associations de parents. »
Et de poursuivre : « Les parents sont traumatisés dans leurs rêves, leurs projets d'avenir et leur espérance. La pathologie chronique et grave de l'enfant les amène à confronter au quotidien non seulement l'insuffisance ou le handicap résultant de la maladie, mais aussi la question de la mort. Ce soutien psychologique paraît important par le dialogue pour que les personnes puissent s'exprimer et voir s'il y a moyen de répondre à leurs soucis, à leur attente. Sachant que toute personne réagit selon son propre bagage psychologique personnel. Certains prennent la chose relativement bien, d'autres supportent mal et certains encore dépriment. Notre but est donc de les aider à ne pas délaisser les autres membres de la famille et à accepter ou à bien gérer ce malaise qui se répercute sur la vie du couple et de la famille. L'enfant malade doit avoir sa place, mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres, sachant que le sens de culpabilité est dominant dans ce genre de situations. »
N. M.

