« Ce support contre lequel s'acharne une autre forme d'intelligence chimérique et numérique, dira dans son intervention le président du syndicat des importateurs des livres, Maroun Nehmé. « Plus qu'un "cœur intelligent" cher à Alain Finkielkraut, poursuit Nehmé, ce Salon se veut un espace intelligent qui, au-delà de la vente, consacre des partenariats entre professionnels étrangers et libanais et permet aux jeunes élèves de s'initier aux métiers du livre. »
Lisons, lisez...
« Comment un jeune lecteur, à la vue et au toucher de ces opus, résiste-t-il à devenir bibliophile... bibliomane ? » se demande Nehmé. La réponse se trouve chez le premier homme du XXIe siècle, microlecteur et méga utilisateur du web. [...] Évoquant la francophonie, il dira : « La francophonie exige de connaître une langue à fond et par là même, connaître à fond les peuples qui la parlent. C'est pour nous, Libanais, la connaissance chez soi de l'autre, une connaissance chez soi au lieu de soi, qui n'est pas réduite à l'information car elle est porteuse d'altérité... » Enfin, dit-il, « notre rôle, celui de passeur des passeurs de cultures, est d'autant plus important qu'il se situe entre nos libertés culturelles et le prix à payer pour celles-ci ».
Francis Parnay, représentant de l'Île-de-France, a mis pour sa part l'accent sur « la nécessité de la collaboration dans un monde complexe et celle de tisser des liens de savoir-faire ». Quant à Denis Gaillard, chargé culturel à l'ambassade de France, il évoquera les temps forts de cette 16e édition : la remise de deux prix prestigieux : « Prix des cinq continents » et Phénix, et rappellera la présence de la Région Ile-de-France comme invitée d'honneur du Salon. L'ambassadeur de Belgique au Liban, Johan Verkammen, prendra à son tour la parole pour se dire très honoré d'être associé si étroitement à cet événement qui repositionne encore une fois le Liban « comme épicentre de la francophonie ». La Belgique est présente non seulement dans les activités culturelles, mais aussi ludiques comme le 50e anniversaire des Schtroumpfs, signale-t-il. Verkammen a par ailleurs souhaité que ce Salon, considéré comme troisième au monde après ceux de Paris et de Montréal - « il faut le répéter avec fierté », insiste-t-il - puisse resserrer encore davantage les liens déjà très forts qui unissent celles et ceux qui portent le français et la culture francophone dans leur cœur.
Dans cet espace bien aménagé, les stands ont déjà pris place, spacieux, diversifiés, culturels et ludiques. La fête du livre peut commencer.

