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Moyen Orient et Monde - Affaire Clearstream

La défense de Villepin dénonce une accusation « schizophrène »

Les avocats de l'ancien Premier ministre français qualifient Imad Lahoud d'« escroc au renseignement » aux « mensonges magnifiques ».

Après les réquisitions du procureur, qui a demandé une peine de 18 mois avec sursis contre Dominique de Villepin au procès Clearstream, la défense de l'ex-Premier ministre français a dénoncé hier des accusations relevant de la « schizophrénie » et du « fantasme ». « Nous sommes plus loin que la caricature ! » a déclaré Me Luc Brossolet, un des quatre avocats de Dominique de Villepin, qui plaidaient hier, dernier temps fort de ce duel politico-judiciaire de l'ancien Premier ministre avec Nicolas Sarkozy. Cette affaire porte « l'empreinte du désir d'un prince capricieux », Nicolas Sarkozy, avec le « fantasme » pour « accusateur le plus efficace » et un dossier bâti avec « schizophrénie », a ajouté l'avocat. Il a dénoncé les contradictions et « mensonges » des différents témoins et co-inculpés de M. de Villepin, l'ex-vice-président du groupe aéronautique EADS, Jean-Louis Gergorin, et le mathématicien Imad Lahoud. Alors que le parquet est convaincu que M. Gergorin est le maître d'œuvre de la manipulation, la défense de M. de Villepin a pointé la responsabilité première de son ancien employé M. Lahoud. Cet « escroc au renseignement » aux « mensonges magnifiques », rappelle l'avocat, est en effet présent dès le début de la falsification puisque c'est lui qui, le premier, va se procurer les listings au Luxembourg. Mais c'est aussi lui qui, quand il voit que l'affaire prend l'eau, va « inventer de nouvelles affaires » pour continuer à travailler avec le général Philippe Rondot (ancien responsable du renseignement). Selon Me Brossolet, c'est Lahoud qui a mis au point cette « entreprise d'intoxication des services de Rondot et de Gergorin ». Et si M. Gergorin a couvert sa source, « quoi qu'on en pense, c'était avec sincérité ».
Le principal avocat de la défense, Me Olivier Metzner, a dénoncé à son tour un dossier « que l'on a construit à rebours ». « On a une cible, on en déduit l'origine, on essaie de tracer un fil entre les deux, de créer ce lien de culpabilité à l'égard de Dominique de Villepin », a-t-il poursuivi, « et le mobile suffit en soi, c'est la preuve de sa culpabilité ».
M. de Villepin est soupçonné d'avoir participé en 2004 à cette machination pour déstabiliser Nicolas Sarkozy, alors son rival à droite dans la course à la présidentielle de 2007. Des noms de personnalités, dont celui de M. Sarkozy, avaient été ajoutés sur des listings bancaires de l'institution financière luxembourgeoise Clearstream, ensuite transmis à la justice. Il s'agissait de les discréditer en faisant croire qu'elles détenaient des comptes occultes et avaient perçu des pots-de-vin dans une vente d'armements.
Le ministère public, dans un réquisitoire de cinq heures mardi, n'a pas suivi la version avancée la veille par l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, selon lequel Dominique de Villepin avait été « l'instigateur » de la machination. Mais il a estimé que l'ancien Premier ministre s'en était rendu complice en s'abstenant à dessein de la dénoncer bien qu'il en ait eu connaissance. « Jamais personne en France n'a été condamné pour avoir omis de faire quelque chose », a lancé à ce propos Me Olivier Metzner. Celui-ci a par ailleurs affirmé que Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie à l'époque, avait forcément eu connaissance des faits, et n'en avait rien dit.
Le délit de « complicité de dénonciation calomnieuse » dont M. de Villepin est accusé est passible de 5 ans d'emprisonnement, et de 10 ans d'inéligibilité. Celle-ci n'a toutefois pas été requise par le procureur.
La dirigeante du Parti socialiste (opposition), Martine Aubry, a pour sa part jugé hier que cette affaire donnait l'image « dramatique » d'hommes politiques « prêts à tout » pour garder le pouvoir. Après les dernières plaidoiries de la défense cette semaine, la décision du tribunal devrait être mise en délibéré, puis rendue début 2010.


Après les réquisitions du procureur, qui a demandé une peine de 18 mois avec sursis contre Dominique de Villepin au procès Clearstream, la défense de l'ex-Premier ministre français a dénoncé hier des accusations relevant de la « schizophrénie » et du « fantasme ». « Nous sommes plus loin que la caricature ! » a déclaré Me Luc Brossolet, un des quatre avocats de Dominique de Villepin, qui plaidaient hier, dernier temps fort de ce duel politico-judiciaire de l'ancien Premier ministre avec Nicolas Sarkozy. Cette affaire porte « l'empreinte du désir d'un prince capricieux », Nicolas Sarkozy, avec le « fantasme » pour « accusateur le...
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