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L'Iran va faire monter la pression diplomatique sur le Pakistan

Téhéran va faire monter d'un cran la pression diplomatique sur son voisin pakistanais qu'il accuse d'abriter des groupes rebelles menant des opérations en Iran, sans exclure totalement d'éventuelles opérations militaires transfrontalières, selon des analystes.

Cependant, les bonnes relations entre les deux voisins ne devraient pas être affectées sur le long terme par l'attentat suicide qui a fait dimanche 42 morts, dont 15 Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime, dans la province du Sistan-Balouchistan (sud-est de l'Iran), frontalière du Pakistan, selon ces analystes.

L'attentat a été revendiqué par le groupe extrémiste sunnite iranien Joundallah, qui mène dans cette région une insurrection contre le régime chiite de Téhéran.

Or Téhéran affirme que le chef de Joundallah, Abdolmalek Righi, est basé au Pakistan et a demandé à Islamabad de le lui livrer. Islamabad dément qu'il se trouve sur son territoire.

"Dans les prochains jours, l'Iran va mettre davantage de pression sur le Pakistan pour (obtenir) des résultats rapides car il doit rendre des comptes à son opinion publique", estime Akbar Montajabi, un analyste politique réformateur.

Au lendemain de l'attaque, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a demandé, lors d'une conversation téléphonique, à son homologue pakistanais Asif Ali Zardari de coopérer pour lutter contre les "terroristes", estimant que "la présence d'éléments terroristes au Pakistan est inacceptable".

Le Pakistan a affirmé de son côté que les auteurs de l'attentat visaient à porter atteinte aux relations entre les deux pays et que son territoire ne servait pas de base arrière aux auteurs de l'attaque.

L'Iran et le Pakistan, deux pays musulmans, entretiennent de bonnes relations et participent notamment aux efforts visant à stabiliser l'Afghanistan voisin.

L'analyste indépendant Mohammad Saleh Sedghian prévoit une réaction rapide d'Islamabad contre les auteurs de l'attentat.

"Le Pakistan ne tardera pas à répliquer aux activistes, mais nous devons comprendre qu'il fait face à une situation complexe", explique-t-il, faisant état de la lutte, qu'il mène chez lui, contre les talibans (sunnites).

"Le président du Pakistan ne tire pas toutes les ficelles dans ce pays et les Iraniens le savent", ajoute-t-il.

Le commandant des forces terrestres des Gardiens de la révolution, le général de brigade Mohammad Pakpour, n'a pas exclu mardi des frappes au Pakistan contre les fiefs des activistes si les démarches diplomatiques échouaient.

Les analystes estiment cependant que la perspective de telles opérations, bien que possible, demeurait lointaine.

"Des frappes comme celles que mène la Turquie dans le nord de l'Irak contre les rebelles kurdes du PKK sont toujours possibles, mais pour que les Iraniens entrent au Pakistan, le Pakistan doit obtenir un certain feu vert des forces multinationales dans la région", dit M. Sedghian.

"L'entrée des Iraniens au Pakistan constituerait une sorte de test pour les Américains et leur position vis-à-vis de Téhéran", ajoute-t-il.

L'Iran et les États-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques à la suite de la révolution islamique de 1979. Mais depuis l'accession de Barack Obama à la Maison Blanche, les deux pays ont repris leur dialogue, notamment sur le dossier du programme nucléaire iranien controversé.

M. Montajabi estime qu'une frappe sur le territoire pakistanais est "hautement improbable" et que l'Iran aura d'abord recours à la pression diplomatique.

Mais pour l'analyste conservateur et directeur du journal Quds, Gholam Reza Ghalandarian, l'Iran ne va pas attendre trop longtemps.

"L'Iran a fourni au Pakistan un calendrier pour remettre les terroristes. Si le Pakistan ne tient pas parole, l'Iran pourrait reconsidérer ses relations avec lui".

Cependant, les bonnes relations entre les deux voisins ne devraient pas être affectées sur le long terme par l'attentat suicide qui a fait dimanche 42 morts, dont 15 Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime, dans la province du Sistan-Balouchistan (sud-est de l'Iran), frontalière du Pakistan, selon ces analystes.
L'attentat a été revendiqué par le groupe extrémiste sunnite iranien Joundallah, qui mène dans cette région une insurrection contre le régime chiite de Téhéran.
Or Téhéran affirme que le chef de Joundallah, Abdolmalek Righi, est basé au Pakistan et a demandé à Islamabad de le lui livrer. Islamabad dément qu'il se trouve sur son territoire.
"Dans les prochains...