« Halloween est un bon antidote contre la récession », assure Jim Moore, directeur marketing d'un grand site de vente de costumes par Internet, Costumesupercenter.com. « C'est un jour où l'on s'évade, où l'on peut être quelqu'un d'autre pour quelques dollars », ajoute Diane Lake, cogérante d'Economy Party Supplies and Costumes, un vaste magasin d'articles de fêtes à Falls Church (Virginie, Est) dans la banlieue de Washington.
Masques politiques et insolents sont toujours à l'honneur, ainsi qu'un cortège de zombies et de vampires inspirés des sorties cinématographiques de la saison comme Twilight, chapitre 2, tentation ou Bienvenue à Zombieland. Les tenues de scène de Michael Jackson, décédé en juin, font florès, le blouson de cuir rouge de Thriller rivalisant avec le pantalon sanglé de Bad.
Parmi les meilleures ventes a surgi un masque de l'escroc boursier Bernard Madoff, qui purge une peine de 150 ans de prison. Ce masque est baptisé « Mr. Ponzi », du nom de la fraude pyramidale qui a permis au financier d'engloutir par dizaines de milliards de dollars les investissements de petits et gros épargnants de Wall Street. « C'est un bon client qui en a eu l'idée. On l'a dessiné, fait fabriquer dans notre usine du Mexique et on en a déjà livré 18 000. Les ventes sont très bonnes », a expliqué à l'AFP Howard Beige, vice-président de Rubies, fabricant de masques.
Au rang des meilleures ventes également, figure un masque irrespectueusement effrayant du président Obama en vampire. Ce masque « Barackula », aux yeux translucides et aux dents ciselées, s'est déjà vendu par milliers : « C'est la première fois que je vois un masque présidentiel aller aussi loin » dans l'irrévérence, affirme à l'AFP Brad Butler, patron du site de ventes en ligne Halloween Express qui est déjà en rupture de stock. « On dirait que ce masque Barackula va être le plus populaire de tous, surpassant même les masques de Bill Clinton dans les années 1990 », ajoute ce distributeur, qui en a vendu 3 000 en quelques jours et vient d'en commander 6 000 de plus. Pourtant, 2009 n'est guère une année politique par rapport à 2008, année de l'élection présidentielle, qui avait vu une profusion de masques des candidats.
Cette année, les effigies politiques vedettes se résument au président Obama, dont on trouve de multiples portraits en latex, parfois enflés comme une citrouille, à son épouse Michelle, et à Hillary Clinton et Arnold Schwarzenegger.
Toutes les études de marché prédisent un sombre Halloween en termes de ventes, plombé par la récession, un sentiment que ne partagent toutefois pas nombre de magasins interrogés en ligne ou dans la région de Washington.

