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Des experts doutent de l'opportunité de sanctions américaines contre l'Iran

Plusieurs experts expriment des doutes sur les différentes initiatives du Congrès américain en faveur de nouvelles sanctions visant à faire plier Téhéran sur le dossier nucléaire.

Cette semaine, le Congrès a envoyé un premier texte au président Barack Obama pour promulgation. Il prévoit des sanctions contre les compagnies étrangères qui vendent de l'essence à l'Iran.

Parallèlement, la Chambre des représentants a adopté mercredi un projet de loi autorisant les Etats et gouvernements locaux à écarter des marchés publics les entreprises faisant affaire avec l'Iran dans le secteur de l'énergie, à hauteur de 20 millions de dollars ou plus d'investissement.

D'autres projets de loi de sanction sont à l'étude au Congrès, qui souhaite donner à M. Obama les moyens de sanctionner l'Iran en cas d'échec de la solution diplomatique. Ils visent notamment les importations iraniennes d'essence, vitales pour un pays aux capacités de raffinage insuffisantes.

Cette forte activité législative intervient dans le sillage de la révélation de l'existence d'un deuxième site iranien d'enrichissement d'uranium, près de la ville de Qom (centre), le 25 septembre.

"Je ne pense pas que cela soit d'une utilité particulière pour la diplomatie américaine", a indiqué à l'AFP Suzanne Maloney, du Saban center for Middle East policy, du groupe de réflexion Brookings Institution.

"A ce stade, nous avons au moins un début de processus diplomatique avec l'Iran. Ces mesures apportent simplement la perspective pour l'administration de travailler contre elle-même", a-t-elle dit.

En outre, selon elle, les mesures imaginées par les parlementaires ont "peu de chances d'avoir l'impact voulu". "Les Iraniens ont une certaine expérience pour détourner les sanctions", a-t-elle ajouté, en assurant qu'elle comprend les "impératifs politiques" des parlementaires qui doivent affronter une élection en 2010.

Mme Maloney affirme par ailleurs que si la diplomatie échoue, "les seules sanctions vraiment efficaces sont celles qui sont établies sur une base élargie (à d'autres pays)". Mais même dans ce cas, les Russes ne sont "pas prêts" à participer, souligne-t-elle.

Daniel Brumberg, professeur à l'Université de Georgetown, dit douter "que même des sanctions renforcées, dont des sanctions sur les produits pétroliers raffinés, forceraient l'Iran à se plier aux demandes des Occidentaux".

Toutefois, il ajoute qu'il pense utile de "montrer qu'on est prêt à des sanctions plus dures, mais seulement si l'administration est prête à accompagner cela de carottes et autres incitations".

Pour sa part, Jamsheed Choksy, auteur d'un article en août dans la très respectée revue Foreign Policy, intitulé "Les sanctions +invalidantes+ ne seront pas efficaces", a dit à l'AFP: "en général, les sanctions contre l'Iran n'ont jamais été efficaces. Elles ne font qu'augmenter les prix pour les Iraniens qui font des affaires (...) Il en sera de même pour les sanctions actuellement envisagées".

"Les Iraniens se sont préparés depuis longtemps à cela. D'ici à 2012 ils seront complètement auto-suffisants" en essence, estime-t-il. Selon lui, l'Iran négocie déjà avec d'autres (Chine, Venezuela) ses importations.

"Négocier avec un bâton dans une main (...) ça ne marche pas", estime-t-il.

C'est pourtant ce que s'apprête à faire le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants Howard Berman, auteur d'un projet de loi de sanction qui sera débattu à la fin du mois d'octobre, pour donner au président Obama "les outils nécessaires" pour négocier avec l'Iran.

Plusieurs experts expriment des doutes sur les différentes initiatives du Congrès américain en faveur de nouvelles sanctions visant à faire plier Téhéran sur le dossier nucléaire.
Cette semaine, le Congrès a envoyé un premier texte au président Barack Obama pour promulgation. Il prévoit des sanctions contre les compagnies étrangères qui vendent de l'essence à l'Iran.
Parallèlement, la Chambre des représentants a adopté mercredi un projet de loi autorisant les Etats et gouvernements locaux à écarter des marchés publics les entreprises faisant affaire avec l'Iran dans le secteur de l'énergie, à hauteur de 20 millions de dollars ou plus d'investissement.
D'autres projets de loi de sanction...