Culture

Les contemplations d’Emily Nasrallah

Hommage Dans le cadre de Beyrouth, capitale mondiale du livre pour 2009, le ministère libanais de la Culture vient d'honorer Emily Nasrallah, femme de lettres libanaise qui a su donner à la langue arabe du lustre et un blason flambant neuf, au cours d'une cérémonie organisée à la foire du livre à Francfort. Lumière sur le dernier opus « Hamasat » (« Murmures ») en librairie de l'auteur de l'immortel « Touyour Ayloul » (« Les oiseaux de septembre »).
17/10/2009
Une vingtaine d'ouvrages, entre romans, essais, nouvelles et contes pour enfants, ont inondé le marché du livre grâce à la plume prolifique d'Emily Nasrallah, dont l'inspiration depuis 1962 n'a pas tari d'une goutte...
Témoin de son temps, d'une société rurale un peu fin de siècle et d'une capitale véritable hydre moderne, Emily Nasrallah, détentrice de plusieurs prix (Les amis du livre, Saïd Akl, Gebran Khalil Gebran), a fini par dépasser les frontières du pays du Cèdre car sa production littéraire a passé, avec succès, le périlleux cap des traductions.
De l'allemand à l'anglais en passant par le danois, le polonais, l'italien, le finlandais et le thaïlandais (excusez du peu, mais nul n'est prophète dans son pays), les langues étrangères lui ont assuré de nouveaux lecteurs, bien loin de la fidélité du monde arabe...
Aujourd'hui, après presque un demi-siècle d'écriture, Emily Nasrallah publie un ouvrage inédit où une nouvelle veine poétique touche sa prose transparente, à l'inspiration libre, un peu vagabonde et nimbée brusquement d'une grâce presque romantique.
 Hamasat (Murmures) -103 pages - illustré par quelques planches en noir et blanc signées Wassim Kaïs, est un opus qui parle de la vie... La vie en tant que moments heureux ou malheureux, moments de bénédiction plus que de malédiction, de plaisir de découvrir, de bâtir, de voyager, de flâner, de rêver.
 En arabe, il y a cette belle expression « waefet taamoul » qui se traduit par « un moment, un arrêt de contemplations »....
Non de ces contemplations hugoliennes, encore moins rousseauistes, mais de celles où l'on fait revivre le passé dans toute son intensité comme une plongée au plus profond de soi, de sa conscience, de sa réalité...
De la joie à la réflexion, de la tristesse à la séparation, de la force de l'amour au sacrifice et au dévouement, de l'euphorie des retrouvailles aux regrets de l'éloignement, des brises de l'été aux bourrasques de l'hiver, des vagues de la mer aux rires des cascades, des paysages verdoyants au béton des villes, de toutes les contradictions et les dualités d'une traversée humaine, tout est « murmure » à l'oreille de l'auteur de al-jamr el-ghafi (Les braises assoupies)...
Murmures aussi pour l'encre qui crisse et tisse des images qui n'ont rien à voir avec le fil linéaire des histoires que la romancière rompue à la tâche couche sur le blanc des pages...
La fiction n'a rien à voir avec ces feuillets, véritable carnet de route d'une vie. Carnet discret et pudique, à l'écriture originale, empruntant volontiers toute la liberté de dire et de formuler au parnasse le plus proche des intempéries du ciel, des revirements, de ses colères et de ses embellies...
Une poésie faite de douceur, de tendresse, d'une certaine harmonie. Des phrases habitées par un amour immense pour la vie et les êtres qui nous entourent, mais aussi amour profond d'écrire et de capter les impressions et les sensations qui enrichissent toute expérience humaine.
Un exemple de cette écriture passionnée, pleine de ferveur et de lyrisme, jaillissant de la plume d'une dame à l'âge vénérable qui a écrit aussi bien à ses enfants qu'à ses petits enfants : « Quand j'écris ton amour, je verse le parfum du monde dans une goutte »...
Avec la plume d'Emily Nasrallah les lettres sont intemporelles et l'amour un diamant pur... Voilà des écrits d'une bondissante jeunesse.

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