Cet attentat est le sixième en 12 jours également marqués par deux séries d'assauts spectaculaires contre le QG de l'armée près d'Islamabad et trois installations de la police à Lahore, dans l'est, démontrant l'impuissance des forces de sécurité à endiguer la détermination de kamikazes de plus en plus aguerris. Cette série d'attaques a fait 178 morts. La dernière vague marque l'intensification et l'expansion jusque dans les grandes villes d'une véritable guérilla que livrent depuis plus de deux ans les extrémistes islamistes au gouvernement et à l'armée, accusés par les talibans et el-Qaëda de s'être alliés à Washington dans sa « guerre contre le terrorisme » depuis fin 2001.
Hier matin, des policiers ont essayé de stopper un homme et une femme à moto, mais cette dernière a déclenché immédiatement la bombe qu'elle portait sur elle à proximité du bâtiment de l'Agence centrale d'investigations (CIA), la police criminelle, à Peshawar, selon le récit des policiers. Quelques instants après, un second kamikaze faisait exploser sa voiture piégée contre l'immeuble, en plein quartier militaire de cette capitale de la province du Nord-Ouest, qui compte plus de 2,5 millions d'habitants. Le grand immeuble de briques rouges de deux étages de la CIA était complètement éventré, a constaté un journaliste de l'AFP au milieu d'un ballet d'ambulances dans lesquelles des policiers et des soldats chargeaient des blessés, certains les jambes entravées par des chaînes, des détenus manifestement.
Parallèlement, trois soldats pakistanais ont été tués et quatre blessés dans une attaque à la roquette contre un camp militaire perpétrée par des talibans présumés dans la zone tribale du Sud-Waziristan, ont indiqué des responsables. L'attaque a visé le camp de Landi Noor dans le secteur de Shakai (Sud-Waziristan), un bastion des talibans et d'el-Qaëda, près de la frontière avec l'Afghanistan où l'armée pakistanaise prévoirait de lancer une offensive terrestre pour en chasser ces combattants islamistes.
L'aviation a bombardé des repaires des islamistes dans ce secteur sans que l'on sache dans l'immédiat si ces raids ont fait des victimes, ont indiqué des responsables et des habitants. Avant l'aube, un drone pakistanais s'est écrasé près de la localité de Jandola dans ce même Sud-Waziristan. « Un problème technique est à l'origine de la chute du drone, il n'y a pas eu de tir hostile », a affirmé un haut responsable.
L'aviation pakistanaise a procédé à des bombardements de caches supposées de militants au Sud-Waziristan avant une offensive terrestre prévue de la zone où le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) a son quartier général. Le TTP a revendiqué la plupart des dernières attaques. Ce même vendredi, l'armée a mené des raids avec des hélicoptères de combat sur des bases présumées de rebelles à Bajaur, autre zone tribale. Ces raids ont tué 10 personnes, selon des sources officielles.

