L'accord suggère la tenue d'élections législatives et présidentielle mi-2010. Il stipule le renforcement des forces de sécurité du Fateh sous la supervision des Égyptiens et la libération des personnes détenues par les deux groupes en Cisjordanie et à Gaza. Jeudi, le Fateh avait annoncé avoir remis aux Égyptiens cet accord signé.
Pour justifier le nouveau report, le responsable égyptien a mis en avant « les répercussions de la dispute entre l'Autorité palestinienne et le Hamas sur la gestion du rapport » Goldstone, commandité par l'ONU. Le Hamas reproche au Fateh d'avoir « trahi » ces victimes après que la délégation palestinienne auprès du Conseil des droits de l'homme eut, dans un premier temps, accepté un report d'un vote à l'instance onusienne sur le rapport Goldstone. Le Fateh accuse son rival d'instrumentaliser cette décision.
Sur la chaîne satellitaire al-Jazira, le chef adjoint du Hamas, qui vit en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, a pour sa part assuré que son mouvement entendait signer l'accord de réconciliation, mais expliqué qu'il avait besoin de temps pour « digérer le douloureux incident » lié au rapport Goldstone. « Nous allons répondre dans les heures à venir, ou (au pire) d'ici à un jour, à nos frères égyptiens sur la réconciliation », a-t-il précisé.
Mais d'autres responsables du Hamas ont tenu des propos contraires. Contacté par l'AFP, un haut responsable, Mohammad Nasr, a affirmé de Damas que la position du mouvement n'était pas encore arrêtée et que celui-ci avait « besoin de davantage de temps pour étudier le document égyptien ». Dans une déclaration au journal français Libération, un dirigeant du mouvement à Gaza, Mahmoud al-Zahar, a avancé que le Hamas signerait « un accord d'entente » et non une « vraie réconciliation qui nécessite un climat approprié ». Enfin, la veille, dans un communiqué, le Hamas et d'autres factions palestiniennes basées à Damas avaient fait savoir qu'elles refusaient de signer en l'état l'accord et exigé l'inclusion d'une clause reconnaissant le « droit de résister » à Israël.
La déchirure interpalestinienne remonte à juin 2007 lorsque le Hamas, au terme de combats sanglants, a chassé de Gaza le Fateh, qui ne contrôle plus que la Cisjordanie. En filigrane, selon des analystes, se dessine l'enjeu des élections présidentielle et législatives.


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