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Liban - Éclairage

Le barrage n’a qu’une cause : les armes du Hezbollah

Rien de nouveau, sous le soleil. De Satan, ajoutent les fans loyalistes de Bernanos. Ils diabolisent en effet les prosyriens en général, les accusant de continuer à se mettre en travers du projet national d'État de droit indépendant, à travers leurs exigences ministérielles. Avec mention spéciale pour le Hezbollah. Pour quatre raisons liées : d'abord parce que, chef d'orchestre du 8 Mars, il anime l'obstructionnisme ministériel. Ensuite parce que, loin d'agir à visage découvert pour qu'on sache comment discuter avec lui, il s'abrite derrière des paravents commodes. Puis parce que, tout en prétendant militer pour le partenariat, il refuse de s'engager dans l'État. Dans ce sens que, sous prétexte de laisser le gros de sa part à ses alliés, il s'apprête, cette fois, à ne se faire représenter au gouvernement que par un seul ministre. Ce qu'il n'aurait même pas fait, du reste, s'il ne tenait pas à donner un camouflet aux États-Unis qui s'opposent à sa présence au sein du pouvoir officiel libanais.
Enfin et surtout, parce que le Hezb continue à faire osciller, dans l'air où elle reste suspendue, l'épée de Damoclès de son armement milicien. Et de brandir à mots couverts et sans serment ferme de non-agression la menace d'un deuxième 7 Mai, sinon pire. Sauf pour des explosions accidentelles, d'ailleurs dans des zones prohibées par la 1701, on entrevoit ses muscles bien plus à l'intérieur, comme à Aïn el-Remmaneh, selon ce qu'en laisse entendre Berry, que face à l'ennemi israélien. Toutes les promesses initiales, avancées depuis la libération du Sud en 2000, selon lesquelles les armes ne seraient jamais dirigées vers l'intérieur, sont battues en brèche. Leur éventuelle réutilisation ou leur menace persistante constituent le noyau même de l'action politique du Hezb.
Il parvient ainsi à annuler, dans la même foulée, le régime parlementaire démocratique et les résultats des législatives du 7 juin. Un scrutin qui prouve que la majorité souverainiste n'est ni illusoire ni provisoire, comme la taxaient, à la suite de Bachar el-Assad lui-même, les prosyriens. Pour eux, la majorité avait usurpé son nom en 2005, grâce à l'alliance dite des Quatre qui avait pu faire la décision dans la circonscription-clé de Baabda.
Aujourd'hui, comme hier, et sans doute comme demain, l'opposition ne veut que les deux faces d'une même médaille : ou bien que les décisions nationales soient de son propre cru, ou bien qu'elles ne soient pas. Donc, dans les deux cas, la majorité serait réduite à néant. Sous le prétexte répétitif qu'elle ne cesse de monopoliser le pouvoir, sans ménager le principe double de coexistence et de participation. Sans fausse honte, les prosyriens déclarent qu'après le 7 Mai, qui a apporté la démonstration de leurs capacités, il n'est plus question pour eux de laisser la majorité agir à sa guise, tenir seule les rênes. D'autant qu'au total des voix sur le plan national, ils auraient décroché ce qu'ils appellent la majorité populaire. Ils ajoutent que le Liban, pays de consensus par définition, ne se gouverne qu'à l'amiable. Façon, donc, de refuser le principe du vote, quintessence même de la démocratie.
Cependant l'honnêteté commande d'indiquer que certains pôles du 8 Mars affirment que ce camp n'a nulle intention, comme l'en accusent certains loyalistes, de créer un État dans l'État ou de favoriser l'éclosion de multiples mini-États. Partant de là, ils expliquent qu'à leur avis, la question de l'armement du Hezbollah doit être discutée rationnellement à tête reposée, autour de la table de dialogue national. Dans le cadre, précisent-ils, d'un débat sur la mise au point d'une stratégie nationale de défense. Le hic étant que, sur ce sujet, le Hezbollah refuse de livrer ses vues et n'a pas présenté de projet comme les autres parties l'ont fait.
Quoi qu'il en soit, des sources informées confirment qu'après le sommet syro-saoudien, Damas a informé Saad Hariri que le climat avait été positif, les deux parties s'engageant à faciliter la formation du gouvernement libanais et de lever les entraves. Suite à cet arrangement, les cadres prosyriens plutôt que pro-iraniens de l'opposition ne lancent plus d'attaques contre la majorité. Certains d'entre eux font même montre d'ouverture manifeste, comme l'illustre la visite de Sleiman Frangié à Saad Hariri qui l'a retenu à déjeuner.
Partant de là, des cadres du secrétariat général du 14 Mars relèvent, comme beaucoup d'observateurs, que les difficultés subsistantes sont le fait du courant pro-iranien de l'opposition. Téhéran est indisposé par le rapprochement syro-saoudien. L'Iran souhaite qu'au Liban, et ailleurs, nul n'ignore plus que faute d'être en mesure de former un cabinet libanais à sa guise, il peut toujours en interdire la formation. Une carte de plus entre ses mains, dans le cadre de ses discussions sur le nucléaire. Tout comme dans le cadre de la reconnaissance occidentale, américaine surtout, de son importance capitale sur la scène régionale.
Rien de nouveau, sous le soleil. De Satan, ajoutent les fans loyalistes de Bernanos. Ils diabolisent en effet les prosyriens en général, les accusant de continuer à se mettre en travers du projet national d'État de droit indépendant, à travers leurs exigences ministérielles. Avec mention spéciale pour le Hezbollah. Pour quatre raisons liées : d'abord parce que, chef d'orchestre du 8 Mars, il anime l'obstructionnisme ministériel. Ensuite parce que, loin d'agir à visage découvert pour qu'on sache comment discuter avec lui, il s'abrite derrière des paravents commodes. Puis parce que, tout en prétendant militer pour le partenariat, il refuse de s'engager dans l'État. Dans ce sens que, sous prétexte de laisser le gros de sa...
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