Au terme d'une campagne qualificative harassante et frustrante, le puzzle façonné par le sélectionneur commence à prendre forme, mais une pièce importante manque encore pour achever définitivement le travail. Le patron des Bleus avait fait le pari de l'avenir dans les buts juste après l'Euro 2008 en écartant pour de bon Grégory Coupet. Plus d'un an après, le chantier n'a guère avancé.
« Je ne sais pas ce qui se passera dans un mois », a-t-il déclaré après la victoire contre les Autrichiens (3-1) marquée par une petite bourde de son portier, coupable sur l'unique but encaissé. La veille, il avait avoué n'avoir « aucune certitude », une petite phrase qui en disait déjà long sur son désarroi.
Le sélectionneur n'a pas de chance avec les gardiens, chacun de ses n°s 1 à ce poste crucial ayant failli à un moment ou un autre, l'obligeant à bouleverser sans cesse sa hiérarchie. La promotion express de Steve Mandanda au lendemain du championnat d'Europe avait rapidement tourné au cauchemar, le Marseillais ne parvenant jamais à prendre la mesure de ses nouvelles fonctions et à gérer la pression.
Loupe
Après 12 buts encaissés en 10 sélections, Domenech s'était alors résolu à tester Lloris. Mais le Lyonnais, impressionnant en Ligue 1, semble également perdre tous ses moyens en enfilant le maillot bleu. Fébrile contre les semi-amateurs féringiens (1-0), le 12 août, il a vécu l'enfer à Belgrade, le 9 novembre, en étant exclu au bout de 9 minutes contre la Serbie (1-1). Mandanda, appelé à la rescousse pour le remplacer dans les buts, est apparu au contraire très sûr et surtout désinhibé.
Comment départager deux joueurs qui possèdent « à peu près le même niveau », selon le sélectionneur ? Entre deux gardiens issus de la même génération (24 ans pour Mandanda, 22 pour Lloris) et qui ont intégré au même moment deux des plus grosses écuries hexagonales (Marseille et Lyon à l'été 2007), le choix ne paraît pas évident. Jusqu'au match contre l'Autriche, Lloris gardait un petit avantage sur Mandanda aux yeux de Domenech. La titularisation du Lyonnais était ainsi une manière de lui signifier sa confiance et de pérenniser son statut de n° 1. Mais son erreur sur le but de Janko a tout remis en question. Il reste désormais un mois au sélectionneur pour se décider et nul doute que les faits et gestes des deux duettistes seront scrutés à la loupe au cours des prochains jours.
Les occasions ne vont pas manquer avec notamment des rendez-vous importants en Ligue des champions. Lloris, qui affrontera Liverpool, les 20 octobre et 4 novembre, sera particulièrement exposé, alors que Mandanda sera sans doute moins sollicité face au FC Zurich, le 21 octobre et le 3 novembre. Mais toute « boulette » risque de leur coûter très cher.


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