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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Le Pakistan défend ses services de renseignements, critiqués par l’opposition

« Nous avons déjoué au moins une centaine d'attaques », a affirmé le ministre de l'Intérieur.

Le Pakistan a défendu hier ses services de renseignements, malmenés par l'opposition et la presse après une semaine marquée par la mort de 125 personnes dans trois attentats-suicide et l'attaque, revendiquée par les talibans, du quartier général de l'armée. Cette attaque particulièrement audacieuse, suivie d'une longue prise d'otages, a provoqué la surprise, puis la colère au sein d'une population qui se sent, selon les éditorialistes, de plus en plus exposée au terrorisme aveugle.
Lundi, des parlementaires de l'opposition ont accusé les services de renseignements d'avoir « failli » à leur mission. « N'accablez pas les agences de renseignements », a répondu hier devant la presse le ministre de l'Intérieur, Rehman Malik, pourtant notoirement en délicatesse avec la plus puissante d'entre elles, l'Inter-Services Intelligence (ISI), une branche de l'armée considérée, notamment à Washington, comme entretenant des liens avec les talibans et d'autres groupes fondamentalistes. « Ils ont déjoué plusieurs attaques. Nous avons déjoué au moins une centaine d'attaques », a insisté M. Malik, promettant une nouvelle fois d'« éliminer les talibans ».
Le quotidien The News parlait hier « d'échec monstrueux » après l'attaque du quartier général de l'armée à Rawalpindi, près d'Islamabad. « Les talibans peuvent considérer l'attaque du QG de l'armée comme la plus réussie » de leurs attaques, écrivait l'éditorialiste du journal. « Certes, c'était un succès pour l'armée dans ce sens qu'elle a sauvé les otages, mais un échec monstrueux des agences de renseignements », soulignait l'éditorial, expliquant  : « Cette attaque avait été prédite et même décrite dans le détail par certains médias. »
Il y a une semaine, The News avait publié les extraits d'un message envoyé par le ministère de l'Intérieur à la police, avertissant que des insurgés planifiaient une attaque du QG en se déguisant en militaires. Or, samedi, dix talibans en uniforme militaire ont attaqué le quartier général de l'armée, l'institution la plus puissante du Pakistan. Huit militaires ont été tués ainsi que trois des 42 otages que le commando a retenus vingt heures durant. Neuf assaillants ont été tués dans l'assaut des forces spéciales dimanche. Le cerveau et seul survivant, blessé grièvement et capturé dans l'assaut final, était largement connu des services de renseignements. Aqeel, alias « Dr Usman », est un ancien militaire impliqué dans plusieurs attentats qui avait orchestré notamment l'attaque de l'équipe sri-lankaise de cricket en mars à Lahore, dans l'est du pays. Huit policiers et civils avaient été tués.
L'attaque du QG est intervenue alors que, ces derniers jours, les talibans ont intensifié leur campagne d'attentats, ayant juré de venger leur chef, Baïtullah Mehsud, tué le 5 août par un missile américain dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l'Afghanistan. Le 5 octobre, un kamikaze portant l'uniforme militaire a tué cinq employés de l'ONU dans leurs bureaux ultrasécurisés en plein cœur d'Islamabad. Vendredi dernier, un attentat à la voiture piégée sur un marché bondé de Peshawar, dans le nord-ouest, a tué 52 personnes. Et lundi, 45 personnes ont péri dans une attaque similaire visant des militaires sur un marché d'Alpuri, dans le nord-ouest. Au total, près de 2 250 personnes ont été tuées dans tout le pays depuis juillet 2007, dans des attentats revendiqués ou attribués aux talibans, liés au réseau el-Qaëda.

Charlotte McDONALD-GIBSON (AFP)
Le Pakistan a défendu hier ses services de renseignements, malmenés par l'opposition et la presse après une semaine marquée par la mort de 125 personnes dans trois attentats-suicide et l'attaque, revendiquée par les talibans, du quartier général de l'armée. Cette attaque particulièrement audacieuse, suivie d'une longue prise d'otages, a provoqué la surprise, puis la colère au sein d'une population qui se sent, selon les éditorialistes, de plus en plus exposée au terrorisme aveugle.Lundi, des parlementaires de l'opposition ont accusé les services de renseignements d'avoir « failli » à leur mission. « N'accablez pas les agences de renseignements », a répondu hier devant la presse le...
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