Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Eclairage

La droite US raille le Nobel

Aux États-Unis, l'attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama est loin de faire l'unanimité : certains en rient, d'autres en tirent une réelle fierté alors que d'autres encore, sur le mode sceptique, y ont vu un « cadeau piégé » intervenant beaucoup trop tôt, un mauvais service rendu au président américain.
L'émission satirique « Saturday Night Live » a évoqué samedi dans un faux journal le Nobel décerné à Obama, suivi par une liste de prix attribués prématurément à une reine de beauté de cinq ans et à l'homme le plus sexy de la planète... âgé d'à peine neuf ans. Time Magazine, pour sa part, a proposé sur son site Internet un photomontage regroupant toutes les autres « récompenses » qu'aurait supposément raflé le président américain, dont une médaille d'or aux Jeux olympiques et un oscar.
La droite américaine, elle, y voit une occasion à ne pas rater, une opportunité idéale pour décrédibiliser le président démocrate. Depuis l'annonce de la nouvelle, vendredi dernier, les conservateurs républicains se bousculent à la télévision, à la radio, ainsi que dans les colonnes de journaux pour sévèrement critiquer le choix du comité Nobel. Des critiques formulées, parfois, de manière particulièrement « colorée »...
- « Les talibans et l'Iran ont raison : Obama ne mérite pas ce prix », a dit le célèbre commentateur radio Rush Limbaugh. « Le gang du Nobel a perpétré un attentat-suicide contre lui-même », a encore affirmé au magazine Newsweek ce conservateur qui, par ailleurs, conteste les conclusions scientifiques sur le réchauffement climatique et considère que le féminisme n'est qu'un mouvement créé afin de « permettre aux femmes laides de mieux intégrer la société ».
- « Cette récompense était de toute manière déjà entachée depuis qu'elle a été décernée (en 1994) à Yasser Arafat », estime pour sa part Andy McCarthy. Cet ancien procureur de New York avait, pendant la campagne présidentielle de 2008, accusé Barack Obama d'entretenir des liens étroits avec des radicaux américains d'extrême gauche.
- « Je me demande si Obama n'a pas retardé l'envoi de renforts en Afghanistan juste pour gagner le Nobel », a dit de son côté Brian Kilmeade, présentateur-vedette sur Fox. En juillet dernier, il avait créé un tollé aux États-Unis pour avoir tenu des propos extrêmement racistes. « Les Suédois ont des gènes purs, car ils se marient avec d'autres Suédois. Les Finlandais, de même. Ce sont des sociétés pures. Aux États-Unis, nous nous marions avec d'autres espèces et d'autres ethnies. Nous nous marions aves des Italiens, des Irlandais, avec tout le monde », avait-il dit en direct à la télévision.
- Bill Kristol, un analyste néoconservateur et éditorialiste au New York Times, estime quant à lui que le président noir ne briguera pas un second mandat en 2012, tout en rappelant que la chute de l'Union soviétique est survenue un an après l'attribution du Nobel de la paix à Mikhaïl Gorbatchev. Ce fervent défenseur de la guerre contre le terrorisme avait affirmé en 2002 que l'invasion de l'Irak « aura un merveilleux effet sur tout le Moyen-Orient ».
Pour l'historien Joseph Palermo, cette « cacophonie conservatrice » soulève de nombreuses questions : « Les Américains seraient-ils devenus incapables de reconnaître une bonne nouvelle lorsqu'ils en entendent une ? Seraient-ils toujours traumatisés par l'ère Bush-Cheney de sorte qu'ils refusent d'accepter un prix symbolisant l'admiration internationale envers leur nouveau commandant en chef ? » écrit-il dans le Huffington Post. Et de conclure  : « Cette récompense traduit un cri de soulagement, celui de la communauté internationale : les Américains sont enfin revenus à la raison. »
Aux États-Unis, l'attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama est loin de faire l'unanimité : certains en rient, d'autres en tirent une réelle fierté alors que d'autres encore, sur le mode sceptique, y ont vu un « cadeau piégé » intervenant beaucoup trop tôt, un mauvais service rendu au président américain.L'émission satirique « Saturday Night Live » a évoqué samedi dans un faux journal le Nobel décerné à Obama, suivi par une liste de prix attribués prématurément à une reine de beauté de cinq ans et à l'homme le plus sexy de la planète... âgé d'à peine neuf ans. Time Magazine, pour sa part, a...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut