Toujours selon la source du 14 Mars, les deux hommes auraient enfin attaqué la question des noms et des portefeuilles au cours de la rencontre, à l'issue de laquelle M. Hariri est sorti « satisfait et semblait tout à fait à l'aise avec M. Aoun ». Sur un ton plutôt badin, la source ajoute : « Ils ont commencé à sympathiser. Le temps et les nombreuses rencontres ont joué en faveur de ce rapprochement. »
Il en est de même pour M. Aoun, qui a semblé tout aussi confiant, précise encore la source qui prévoie un « déblocage prochain », mais « une fois achevées les négociations sur les détails de la composition gouvernementale entreprises avec les parties tierces, soit tout au long de la semaine en cours », a-t-il assuré.
Une source informée ira même plus loin, soulignant qu'« une formule complète aurait été présentée par Michel Aoun à Saad Hariri ».
Cependant, une source du CPL a fait part de son étonnement concernant cette information, alléguant du fait qu'« il ne revient pas au chef du CPL de soumettre des formules, une tâche qui incombe logiquement au Premier ministre désigné ». Selon cette source, qui a requis l'anonymat, les deux hommes auraient plutôt convenu « des critères globaux à adopter tout en ayant examiné parallèlement plusieurs scénarios possibles concernant la répartition des portefeuilles, à savoir une formule incluant le ministère des Télécommunications qui reviendrait à l'opposition, et une autre sans ce portefeuille ». À cette occasion, MM. Hariri et Aoun auraient également discuté de la répartition des principaux ministères, qualifiés, à tort ou à raison, de portefeuilles souverainistes, et examiné les différentes combinaisons possibles et viables pour l'une et l'autre partie. Le député Nagi Gharios a pour sa part démenti dans un entretien le fait que les noms et les portefeuilles aient figuré à l'ordre du jour de l'entretien, soulignant que la rencontre a été l'occasion de poursuivre les discussions et de consolider le rapprochement.
La source du CPL a indiqué par ailleurs que le général Aoun aurait également évoqué avec son interlocuteur deux questions majeures en matière de réformes. La première étant la nécessité d'adopter une loi séparant le mandat parlementaire du poste ministériel, la seconde, celle de créer un ministère du Plan qui viendrait se substituer aux différentes caisses spécialisées, une proposition à laquelle le Premier ministre désigné « n'a pas été totalement réfractaire », précise la source.
Quoi qu'il en soit, et si ces informations positives s'avéraient précises, cela voudrait dire que la mise sur pied du prochain cabinet ne saurait plus tarder, le développement de ce dossier devant se faire en cours de semaine et se concrétiser probablement d'ici à la semaine prochaine, laissent entendre certains milieux informés.
Certes, les deux responsables ont tenu à conserver un parfait mutisme autour de la teneur de la réunion, le principe de la confidentialité des discussions ayant même inspiré le général Aoun qui a indiqué à l'issue de la rencontre que « les rumeurs médiatiques circulant autour des portefeuilles sont multiples ». Il a ajouté : « Nous espérons le meilleur dans les jours à venir. Nous ne voulons pas fixer une date précise pour la formation du gouvernement qui peut fort bien se concrétiser prochainement. » Pour illustrer son optimisme, le général Aoun a d'ailleurs indiqué devant la presse que « s'il n'y avait pas eu de progrès, nous serions face à une situation de boycott ». Il a d'ailleurs annoncé qu'« un accord de principe a été atteint » avec M. Hariri, soulignant que « lorsque les concertations seront achevées avec les autres parties en présence, nous pourrions alors nous attendre à voir se dégager la fumée blanche ».
S'abstenant pour sa part de faire des déclarations dans un sens comme dans un autre, M. Hariri s'est contenté de lancer à l'adresse des journalistes : « Pour narguer tous les porteurs de micro, je ne commenterai pas. »
En soirée, le député Boutros Harb, qui s'est rendu auprès de M. Hariri à la Maison du centre, a confirmé à quelques nuances près l'optimisme qui a prévalu à l'issue du déjeuner entre les deux pôles maronite et sunnite. « Il semble que la situation tend plus vers l'optimisme. Cela ne veut pas dire cependant que les obstacles ont été levés et les problèmes résolus. Le Premier ministre devra encore effectuer plusieurs tractations en vue de parvenir à son objectif », a souligné Boutros Harb en conclusion.


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