Présentations
Comme sortie de nulle part, ravissant joker jailli d'une boîte de Pandore, Mona Abou Hamzé s'est installée sur son siège d'animatrice, avec juste un peu du trac des premières fois qui donne du charme et une assurance qui a fait croire à beaucoup qu'elle « avait déjà fait ça avant ». La jeune présentatrice, un sourire éclatant, un vrai grain de beauté, des yeux vraiment bleu vert, même hors antenne, des questions pertinentes, a toujours rêvé de ce média alors qu'elle élevait ses trois enfants. Car, et elle n'en a vraiment pas l'air, elle est bien la jeune maman de Ayman, 17 ans, Iyad, 15 ans, et Yasmine, 12 ans. Aussitôt achevées ses études en sciences politiques, Mona Abou Alwan prend pour époux l'heureux Bahije Abou Hamzé. Les enfants ont vite suivi, et une vie rangée, quelquefois troublée par des tentations de journalisme, et plus encore, de télévision.
« J'aime l'interaction avec les gens, public et spectateurs, et le risque permanent, qui est tentant. Même si l'émission est en différé, l'animateur a la responsabilité finale de l'émission dans son ensemble. » Pour en arriver là, il lui aura fallu attendre une dizaine d'années. « Je tenais, précise-t-elle, à travailler avec la MTV, qui est pour moi une télévision libre, sans couleur politique, jeune, avant-gardiste, libanaise plus qu'orientale. « Un premier projet d'émission à peine esquissé, la chaîne télévisée est fermée pour cause d'« indiscipline ». Mona Abou Hamzé, Michel Murr et les autres remettront leurs projets à janvier 2009. Et lorsque la productrice Péri Cochin décide d'adapter Tout le monde en parle, et part à la recherche d'un présentateur, car elle voulait un homme au départ, elle est très vite convaincue par les prestations de Mona.
Depuis, avec une équipe harmonieuse, Bassem Christo, réalisateur, Corinne Medawar, productrice Liban, et Yvana Marchalian, rédactrice en chef, et une cinquantaine d'assistants et techniciens, l'émission, qui respecte le format original, huit à neuf invités sur le plateau, des sujets politiques, artistiques, culturels, sportifs, mais surtout d'actualité, le pari est gagné. « Au début, j'angoissais sur ma performance. Je suis très perfectionniste, rajoute-t-elle, Et puis j'ai vite réalisé que la télévision, c'est un peu comme la vie. Avec le temps, on arrive à maîtriser les situations et comprendre les gens. Il ne faut surtout pas être subjectif, mais suffisamment préparé pour apprivoiser les questions et le contenu préparé au préalable par l'équipe de travail. Je refuse l'agressivité. Je préfère confronter plutôt les faits que les personnes. »
Secrets d'une réussite
« Avoir un physique harmonieux est une arme à double tranchant, poursuit Mona Abou Hamzé, surtout pour une journaliste. Trop belle pour être crédible était une de ces réflexions souvent répétées par les confrères. C'était à mes yeux bien plus une insulte qu'un compliment ! Je suis fière, il est vrai, de constater que la réaction du public et même des professionnels, souvent des concurrents, a été positive. »
Après avoir reçu plus de 150 invités, aussi diversifiés que Marwan Hamadé, Christine Ockrent, Bassima Batouli, Alexandre Najjar et Raghida Dergham, elle rêve de rencontrer - interviewer - Oprah Winfrey, Farah Diba, les grands de ce monde. En attendant, elle finalise un livre de poèmes en arabe dont elle prévoit la sortie cet hiver. « Il y a de la souffrance dans l'écriture, toutes ces expériences troublantes et enrichissantes par lesquelles chacun doit passer. »
Un peu de psychologie, un peu d'insolence, de la spontanéité et de la séduction, la recette marche. L'équipe renouvelle pour neuf mois la belle aventure. « Ce n'est pas évident, avoue l'animatrice, de passer d'un invité à l'autre, de maintenir la conversation, sans temps mort, parfois avec deux ou trois personnes en même temps sur le plateau, et de retenir l'attention et le plaisir du spectateur. Je le fais avec beaucoup de bonheur. »
« Je me sens, conclut-elle, comme une danseuse à qui l'on a mis la bonne musique... ».

