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Liban - Commentaire

Il faudrait un miracle pour dénouer l’écheveau du conflit régional

Un raccourci frappant, à la Gebran Khalil Gebran, du président Charles Hélou : « Le conflit israélo-arabe ne peut jamais prendre fin, car c'est une lutte entre les prophètes. » L'érudit Constantin Zreik observait, de son côté, en 1993 que le problème n'admet qu'une solution, la victoire définitive d'une partie sur l'autre. Car, pour l'essentiel, il s'agit d'une confrontation entre des principes. Qui a droit à la terre, qui a droit à une patrie ? La question palestinienne cristallise un conflit arabo-sioniste. Des étapes déterminées offrent des possibilités d'apaisement. Mais l'hostilité demeure, et quand les protagonistes estiment préférable d'admettre une réalité du moment, c'est pour pouvoir reprendre la lutte ensuite. Ce sont deux droits, deux vérités, deux nations opposées qui se font face. » S'adressant aux Arabes, il les pressait de sortir de tout sous-développement « et d'opérer une révolution sur nous-mêmes, car la plupart d'entre nous évitent de faire front à la réalité. »
Ce qui se comprend : un arrangement serait risqué et son rejet serait aventureux. Du côté israélien, un ancien dirigeant constatait que « le conflit israélo-arabe oppose deux peuples sur une même terre ». En août dernier, à l'occasion de la visite que Benjamin Netanyahu allait effectuer à Londres et à Berlin, son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, jugeait, dans une déclaration, que le règlement sur base du principe de deux États constitue une perspective et une ambition éloignées. « Plus de 16 ans se sont écoulés depuis la signature des accords d'Oslo, et la paix entre nous et les Palestiniens n'a pas été réalisée. Je suis prêt à parier qu'elle n'interviendra pas dans les 16 prochaines années. Je pense que la revendication palestinienne d'un gel des colonisations, que le président Barack Obama soutient, est en fait un rejet de la paix. » Pour lui, « il est inconcevable qu'un gouvernement israélien de droite interdise à des juifs de construire pour parer aux besoins de l'expansion démographique naturelle. Pouvons-nous arrêter les constructions juives à Jérusalem quand les Palestiniens y construisent à tour de bras ? » Une position qui n'a rien d'étonnant et ne date pas d'hier. Le prédécesseur au Likoud de Benjamin Netanyahu, Yitzhak Shamir, contraint par George Bush père à participer à la conférence de Madrid au début des années 90, prévenait franchement que les résolutions prises ne prendraient pas corps « avant dix ans au moins ». L'histoire lui a donné raison.
Quand il y a négociation, Israël s'y prête pour gagner du temps. Les Arabes, pour leur part, s'y engagent à partir d'un a priori : pas de capitulation face à l'État hébreu, pas de fausse paix qui en ferait le maître de la région. Mais, en même temps, ils savent qu'ils ne sont pas en mesure de faire la guerre pour imposer leurs droits. En fait, leur principal handicap est qu'ils sont divisés. Une partie d'entre eux est pour un compromis avec Israël. Une autre partie rejette une paix qui ne serait ni équitable ni avantageuse. Et une troisième partie est opposée, dans tous les cas de figure, à la paix. Elle estime que ce qui a été pris par la force ne peut être récupéré que par la force et par la résistance armée. Mais là aussi, dans cette frange, il y a litige. Il y a les manipulateurs Ils considèrent que la résistance doit continuer à se limiter aux territoires palestiniens et au Liban. Tandis que d'autres, plus conséquents avec l'idéologie de la confrontation par la voie de la guérilla, estiment qu'il faut ouvrir devant la résistance toutes les frontières des pays arabes entourant l'ennemi.
Globalement donc, les Arabes n'accordent leurs violons ni en ce qui concerne la paix ni en ce qui concerne la confrontation. Aujourd'hui, l'on en entend qui soutiennent que l'initiative de paix arabe avancée à l'issue du sommet de Beyrouth en 2002 est maintenant caduque. Ce que d'autres réfutent, en soulignant qu'il ne peut y avoir ni meilleure approche ni proposition plus claire si l'on veut la paix. Maintenant que les Syriens et les Saoudiens se sont rencontrés, les Arabes vont-ils militer ensemble pour l'initiative de 2002 ? La logique voudrait qu'ils le fassent et, en même temps, qu'ils fixent un délai déterminé pour une réponse israélienne. D'ailleurs, le roi Abdallah d'Arabie saoudite, auteur de ladite initiative, avait précisé d'entrée de jeu qu'elle « ne resterait pas indéfiniment posée sur la table ». En cas de réouverture des négociations, il faudrait également prévoir des délais pour que le statu quo ne soit pas maintenu ad vitam æternam. La fourchette de temps que nécessite chaque phase, chaque volet des pourparlers est techniquement assez facile à déterminer. On sait en combien de mois, ou d'années, les comités mixtes d'experts, chapeautés par l'ONU, peuvent tracer des frontières définitives pour Israël, pour l'État palestinien et pour la Syrie. Ou encore en combien de semaines Israël peut se retirer du Golan, de Chebaa au Liban et des territoires palestiniens occupés. De même pour le partage des eaux, la décolonisation et le statut de Jérusalem. Une marge plus étendue serait prévue pour le règlement du problème ardu du retour des réfugiés palestiniens à leurs foyers d'origine ou de leur installation ailleurs.
Un raccourci frappant, à la Gebran Khalil Gebran, du président Charles Hélou : « Le conflit israélo-arabe ne peut jamais prendre fin, car c'est une lutte entre les prophètes. » L'érudit Constantin Zreik observait, de son côté, en 1993 que le problème n'admet qu'une solution, la victoire définitive d'une partie sur l'autre. Car, pour l'essentiel, il s'agit d'une confrontation entre des principes. Qui a droit à la terre, qui a droit à une patrie ? La question palestinienne cristallise un conflit arabo-sioniste. Des étapes déterminées offrent des possibilités d'apaisement. Mais l'hostilité demeure, et quand les protagonistes estiment préférable d'admettre une...
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