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Liban - Éclairage

« L’effet Abdallah-Assad », une énigme à clés multiples

S'il est certain que le sommet syro-saoudien a créé un climat positif favorable au règlement de plusieurs dossiers en suspens dans le monde arabe, c'est aux Libanais que revient la responsabilité de saisir cette chance pour former un gouvernement d'union nationale. Tel était hier le sentiment prédominant dans les milieux politiques. Majorité et opposition sont encore dans l'expectative, mais de l'avis de tous, c'est de Beyrouth que doit venir le déblocage à travers un nouveau round de contacts entre le Premier ministre désigné Saad Hariri et les représentants de l'opposition et ceux du camp du 14 Mars. Les milieux politiques estiment que ces contacts devraient être établis dans le courant de la semaine prochaine et porter cette fois sur les détails finaux des noms et de la distribution des portefeuilles au sein du futur gouvernement.
Si la participation de l'actuel ministre des Télécommunications Gebran Bassil à l'équipe en gestation est désormais acquise, c'est surtout sur la distribution des portefeuilles que le conflit persiste. Le Bloc du changement et de la réforme est-il prêt à renoncer aux Télécoms sans obtenir en contrepartie un ministère régalien ? Comment feront les Forces libanaises et les Kataëb pour se partager les portefeuilles avec les autres piliers de la majorité, alors que les deux partis réclament chacun deux ministères « non négligeables » ?
Ces divergences ne constituent pas des obstacles insurmontables si l'élan syro-saoudien est suffisamment puissant pour pousser majorité et opposition à vouloir à tout prix aboutir à un compromis. Pour l'instant, aucune indication précise ne porte à le croire. Excepté le coup de fil échangé entre le président libanais et son homologue syrien, aucun contact public n'a été mentionné entre les dirigeants saoudiens et syriens, et les personnalités libanaises.
Alors que les médias de l'opposition se veulent optimistes, estimant que le sommet de Damas est de nature à permettre un déblocage dans le dossier gouvernemental libanais, ceux de la majorité, eux, sont plus circonspects. S'agit-il d'un côté de la volonté d'ignorer la dimension interne du conflit, et de l'autre d'une reconnaissance indirecte de l'étroitesse de la marge de manœuvre des dirigeants saoudiens qui ne voudraient pas mécontenter les Américains peu favorables à la formule 15-10-5, tout en souhaitant resserrer leurs liens avec les Syriens ? Il est sans doute un peu tôt pour répondre à cette question, mais il semble un peu réducteur de résumer le blocage interne libanais à un dialogue entre le roi Abdallah et le président Assad.
Des sources de l'opposition affirment qu'en réalité, rien n'a changé dans la position saoudienne, et estiment que les propos du ministre saoudien de l'Information Abdel Aziz Khoja à la chaîne al-Manar sont significatifs et montrent qu'en dépit de l'optimisme affiché, les Saoudiens ne veulent pas adopter des positions tranchées et se cachent derrière la phrase « laisser les Libanais décider de leur sort », pour ne pas pousser vers un compromis contraire à la vision américaine et égyptienne de la situation régionale et libanaise. Les mêmes milieux rappellent que les Américains ont clairement fait savoir à leurs alliés libanais, par le biais de voies diplomatiques connues, qu'ils sont opposés à la formule 15-10-5 et en particulier à la participation du Hezbollah au gouvernement. Ces milieux ajoutent aussi que la Syrie et l'Iran ont de leur côté intérêt à une formation rapide d'un gouvernement d'union qui consoliderait le poids de l'opposition au sein de l'Exécutif libanais et lui donnerait en quelque sorte une couverture légale. Ils déclarent encore que lorsque les sources officielles syriennes et saoudiennes annoncent que les deux pays ont décidé de dissocier leurs relations des dossiers en suspens dans la région, notamment celui du Liban, ils sont pratiquement en train de déclarer qu'ils ne comptent pas faire grand-chose pour accélérer le règlement de ces dossiers, se contentant de concentrer leurs efforts sur les relations bilatérales.
D'autres sources « centristes » ne partagent pas ce point de vue et affirment qu'il ne faut pas minimiser la portée libanaise du sommet syro-saoudien, et précisent qu'il a certainement pavé la voie à un règlement interne, ajoutant que le contexte actuel est favorable à la conclusion d'un compromis, l'Arabie saoudite ayant choisi de traiter directement avec la Syrie et ayant ainsi facilité la démarche du Premier ministre désigné en direction de Damas. Même si les États-Unis ne sont pas favorables à un gouvernement d'union, il est possible, selon ces sources, de ne pas en tenir compte en faisant des concessions de part et d'autre. C'est au Premier ministre désigné de prendre l'initiative et de profiter de l'élan donné par le roi Abdallah et le président Assad pour aller de l'avant et trouver des formules acceptables. Toutefois, ces sources estiment que le temps ne joue pas en faveur de Saad Hariri. S'il ne présente pas sa formule avant la fin du mois, « l'effet Abdallah-Assad » pourrait se dissiper et la formation du gouvernement serait compromise pour un bout de temps.
Les prochains jours devraient permettre d'y voir un peu plus clair, mais l'expérience a appris aux Libanais que « les moments propices » sont très fugaces.
S'il est certain que le sommet syro-saoudien a créé un climat positif favorable au règlement de plusieurs dossiers en suspens dans le monde arabe, c'est aux Libanais que revient la responsabilité de saisir cette chance pour former un gouvernement d'union nationale. Tel était hier le sentiment prédominant dans les milieux politiques. Majorité et opposition sont encore dans l'expectative, mais de l'avis de tous, c'est de Beyrouth que doit venir le déblocage à travers un nouveau round de contacts entre le Premier ministre désigné Saad Hariri et les représentants de l'opposition et ceux du camp du 14 Mars. Les milieux politiques estiment que ces contacts devraient être établis dans le courant de la semaine prochaine et porter cette fois sur les...
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