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Culture - Danse

Alexandre Paulikevitch, la soif du beau

Laissez tous vos préjugés à la porte, délestez-vous des acquis et des garde-fous sociaux et culturels et laissez-vous emporter par cette « Mouhawala oula »* qui n'a rien d'une tentative, mais tout d'une esthétique nouvelle de la danse orientale, signée Alexandre Paulikevitch.

Ayant poursuivi sa formation à Paris, le danseur-chorégraphe, qui depuis son retour au Liban enseigne les techniques de la danse orientale, a réussi à séduire le public et à le faire tomber sous son charme. Émouvant, ce spectacle visuel et musical qui, tout en ressuscitant les fantômes du passé, offre une vision contemporaine de la danse et appelle à l'ouverture de sa pratique vers des horizons plus larges.
Pour redonner à cette « belly dance », jadis apanage des grandes danseuses et devenue désormais un simple déhanchement de cabaret réduit à du kitsch et à la simple séduction de la gent masculine, Paulikevitch n'a trouvé d'autre moyen que de la déconstruire et d'en décomposer ses mouvements.
Le corps est-il plus important que le geste ? Non, semble répondre l'artiste qui confronte à la fois sa masculinité et sa féminité et interroge le public sur l'esthétique.
Après un passage en boucle sur grand écran des danseuses célèbres, Tahia Carioka, Nadia Gamal, Najwa Fouad, Dina et bien d'autres encore, le danseur apparaît sur scène, impose le silence et esquisse des mouvements. La musique est dans la tête, dans les vibrations de ce corps qui ondule et qui dessine des arabesques dans l'espace. Le public est médusé. Le ton est donné. Celui du respect. Respect de l'art qui transcende les barrières ; de cet art exigeant, vierge, qui défriche, détruit pour mieux reconstruire.

Fusion du visuel et du sonore
Sous la musique de Stephane Rives, saxophoniste soprano, et le regard de la vidéaste Kara Lynch, qui suivra le danseur durant deux tableaux en projetant ses images sur écran, Alexandre Paulikevitch rend hommage à la belle manière de danser. Tout comme la toile pour la peinture, le corps n'est plus qu'un « médium » pour faire passer le message et infuser la pensée. Une réflexion qui s'articule sur la gestuelle de tout danseur, mais également de toute personne qui fait de son corps un espace de lecture. Et lorsqu'au dernier tableau, Alexandre Paulikevitch défigure délibérément par mouvements lents et lascifs ce corps, c'est la réalité qui apparaît au regard du public, ému et tétanisé : celle de la déformation du sens de la danse du ventre. Une réalité pas jolie, jolie. L'artiste avait bien prévenu qu'il ne ferait pas dans le joliment correct, ni que Mouhawala oula était réalisée pour apaiser les consciences, mais qu'elle avait pour objectif d'ouvrir une fenêtre vers le beau. Objectif atteint.

 

 

C.K.


* « Mouhawala oula », ce soir à 20 heures au théâtre Tournesol. 

Ayant poursuivi sa formation à Paris, le danseur-chorégraphe, qui depuis son retour au Liban enseigne les techniques de la danse orientale, a réussi à séduire le public et à le faire tomber sous son charme. Émouvant, ce spectacle visuel et musical qui, tout en ressuscitant les fantômes du passé, offre une vision contemporaine de la danse et appelle à l'ouverture de sa pratique vers des horizons plus larges. Pour redonner à cette « belly dance », jadis apanage des grandes danseuses et devenue désormais un simple déhanchement de cabaret réduit à du kitsch et à la simple séduction de la gent masculine, Paulikevitch n'a trouvé d'autre moyen que de la déconstruire et d'en décomposer...
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