Dix personnes avaient été blessées dans l'explosion d'une grenade dans un café situé dans le quartier de Jabal Mohsen. Une autre explosion s'était produite dans le quartier de Bab el-Tebbaneh. Les forces de l'ordre avaient aussitôt ouvert une enquête sur les lieux de l'incident et recueilli la déposition des témoins, tandis que le chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt, avait pris contact tard en soirée avec les principales notabilités de la ville, notamment le chef du Parti arabe démocratique (alaouite), Rifaat Eid, pour lancer un appel au calme.
Le parti dirigé par M. Eid a publié un communiqué dans lequel il a accusé les parties lésées par le rapprochement syro-saoudien à Damas de se cacher derrière ces tentatives de déstabilisation. Le parti a appelé les forces de l'ordre, et plus spécifiquement l'armée, à œuvrer rapidement pour mettre la main sur les fauteurs de troubles et révéler leur identité à l'opinion publique. Par ailleurs, dans une interview accordée à la LBCI, M. Eid a accusé « un service de sécurité d'être responsable des incidents de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen », estimant qu'« une couverture sécuritaire » était assurée aux responsables. « Si l'État sait qui lance les grenades et ne réagit pas, c'est une catastrophe, et s'il ne sait pas qui est à l'origine de ces actes, c'est encore pire », a-t-il indiqué.
Même son de cloche du côté des députés du Courant du futur, Ahmad Fatfat (Denniyé) et Khodr Habib, qui ont eux aussi dénoncé une provocation dangereuse derrière laquelle pourraient se cacher des personnes lésées par le rapprochement saoudo-syrien. « Jour après jour, nous sommes de plus en plus certains qu'il existe des groupes occultes qui tentent de semer la discorde confessionnelle pour déstabiliser la scène sécuritaire et politique », a indiqué M. Habib, évoquant une volonté délibérée de torpiller l'impact positif que pourrait avoir le sommet de Damas sur la formation du cabinet. L'ancien Premier ministre Omar Karamé a lui aussi établi la connexion avec le sommet de Damas, avant d'appeler les forces de l'ordre à intervenir pour empêcher ce genre d'incidents de se reproduire. Un appel formulé d'ailleurs par différentes personnalités hier, à l'instar des députés Badr Wannous et Riad Rahhal.
Le ministre de l'Économie et du Commerce, Mohammad Safadi, a pour sa part condamné le chaos sécuritaire itinérant entre Aïn el-Remmaneh et Jabal Mohsen, estimant qu'il sert les parties qui ne veulent pas d'une stabilité politique au Liban pour saboter le dialogue en cours entre le Premier ministre désigné et les différentes forces politiques concernant la formation du cabinet. M. Safadi a appelé, dans ce cadre, à une accalmie au niveau du discours politique.

