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Culture - Installation Interactive

Une vague au centre-ville…

La mer en plein centre-ville ! Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'un raz-de-marée. Mais ce grondement de vagues que l'on peut entendre aux alentours du Dôme provient tout simplement d'une œuvre interactive de Thierry Kuntzel, intitulée « The Waves »*.
En se promenant, l'après-midi, aux alentours du Dôme, on peut discerner très distinctement, entre cacophonie des marteaux piqueurs et bourdonnements de la circulation, le bruit des vagues.
Premier réflexe: «Serait-on en train d'halluciner?», s'interroge-t-on. Sauf qu'en prêtant l'oreille, on réalise que non. Le grondement des vagues est bien réel et il provient assurément du Dôme.
Il n'y a plus qu'à y pénétrer, en suivant les affiches annonçant The Waves, l'installation interactive du vidéaste français Thierry Kuntzel.
On s'engouffre donc dans une sorte de chambre noire, aménagée de manière temporaire au rez-de-chaussée du Dôme, et là on est instantanément happé par cette vague immense qui se déroule longuement sur l'écran géant tapissant le fond de la salle...Ainsi que par la sonorité caractéristique du flux et reflux qui l'accompagne. La fascination de la mer agit toujours, même par images virtuelles!
 
Prise de pouvoir
D'autant plus qu'il y a un véritable rapport de pouvoir avec la mer - ou l'océan - qui s'amorce ici. Car, en s'avançant vers cette image, le spectateur découvre que son déplacement influe sur la vitesse de la vague et son volume sonore. Plus il se rapproche de cette vague, plus elle se déploie, en son et vitesse, une amplitude menaçante. Jusqu'au moment où, au plus près de l'écran, la vague ralentit et stop net. Le son diminue jusqu'au silence. L'arrêt sur image, de bleu passe alors au noir-blanc. Et c'est en reculant que le spectateur déclenche l'effet inverse.
Il y a un effet ludique certain dans cette installation au dispositif interactif déclenché - on l'aura deviné - par des détecteurs de mouvements.
«L'appareil technique n'est pas constitué de "sensors" usuels, mais est propre à Thierry Kuntzel, qui fut l'un des pionniers en Europe des œuvres interactives», indique Yolla Noujaim, commissaire de cette installation, aimablement prêtée par le Musée des beaux-arts de Nantes et présentée à Beyrouth dans le cadre des activités périphériques des Jeux de la francophonie...Même si le titre anglophone titille la fibre chauviniste des francophones!
Sauf que l'utilisation de l'anglais est ici une nécessité intrinsèque à l'œuvre, le vidéaste français Thierry Kuntzel, aujourd'hui disparu, ayant volontairement repris le titre du célèbre roman The Waves -le plus expérimental - de Virginia Woolf, à laquelle il a voulu rendre hommage. «The Waves est un hommage à Virginia Woolf, à son écriture, son invention du temps, sa personne - cette vie au bord de la noyade (qui fut sa fin réelle) entre terreur et extase », avait d'ailleurs noté Kuntzel dans la fiche signalétique de ce travail, réalisé en 2003.
Terreur et extase, ou plutôt effroi et fascination: c'est ce balancement entre émotions contradictoires et sentiments mitigés que provoque, indubitablement, The Waves chez les spectateurs. Une alternance, un flux et reflux: le symbolisme est évident...
 
* À découvrir, jusqu'au 28 octobre. Tous les jours de 17h00 à 21h00. 
En se promenant, l'après-midi, aux alentours du Dôme, on peut discerner très distinctement, entre cacophonie des marteaux piqueurs et bourdonnements de la circulation, le bruit des vagues. Premier réflexe: «Serait-on en train d'halluciner?», s'interroge-t-on. Sauf qu'en prêtant l'oreille, on réalise que non. Le grondement des vagues est bien réel et il provient assurément du Dôme. Il n'y a plus qu'à y pénétrer, en suivant les affiches annonçant The Waves, l'installation interactive du vidéaste français Thierry Kuntzel. On s'engouffre donc dans une sorte de chambre noire, aménagée de manière temporaire au rez-de-chaussée du Dôme, et là on est instantanément happé par cette...
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