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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Journée sanglante pour l’ONU à Islamabad

Ban Ki-moon dénonce un « crime haineux », les Nations unies ferment leurs bureaux « jusqu'à nouvel ordre ».
Cinq employés de l'ONU ont été tués hier quand un kamikaze a fait exploser sa bombe dans les locaux ultrasécurisés d'une agence des Nations unies à Islamabad, la capitale du Pakistan. Cette nouvelle attaque-suicide s'est produite en plein cœur d'Islamabad. Le kamikaze « portait l'uniforme des Frontier Corps », une unité militaire chargée de la protection des enceintes diplomatiques, a expliqué le ministre Rehman Malik. L'homme a demandé d'aller aux toilettes et a ainsi trompé la vigilance des services de sécurité, selon lui. « Nous avons retrouvé les jambes et la tête du kamikaze, nous enquêtons pour savoir comment il a pu entrer dans le bâtiment car il y a des portiques de détecteurs de métaux et des caméras », a précisé l'inspecteur général de la police, Bani Amin.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a précisé depuis son siège de Rome que les cinq tués faisaient partie de son personnel, et que plusieurs de leurs collègues étaient blessés. Les cinq victimes sont quatre ressortissants pakistanais et un Irakien, selon un communiqué du PAM, qui a salué les victimes comme des « héros humanitaires ». « La bombe a explosé dans l'entrée du PAM », a raconté un de ses employés locaux à l'AFP. Tous les bureaux de l'ONU à Islamabad, de même que les ambassades, sont pourtant transformés depuis deux ans en bunkers, derrière d'imposants murs anti-explosion.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dénoncé un « crime haineux » et l'ONU a fermé tous ses bureaux au Pakistan « jusqu'à nouvel ordre ». « Ma réponse est simple... nous allons continuer notre aide humanitaire aux Pakistanais », a cependant déclaré M. Ban, rappelant que « plus de 2 millions de personnes déplacées avaient un besoin urgent d'assistance humanitaire ».
La très grande majorité des attentats qui ensanglantent le Pakistan depuis un peu plus de deux ans sont revendiqués ou sont attribués au Mouvement des talibans du Pakistan (TTP). Ils ont juré de venger la mort de leur chef Baïtullah Mehsud, tué par le tir ciblé d'un missile américain le 5 août dans son fief des zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l'Afghanistan. Son successeur, Hakimullah Mehsud, dont le ministre Malik assurait depuis mi-août qu'il avait péri dans des combats entre factions du TTP, est d'ailleurs apparu dans la soirée dans une vidéo authentifiée et datée de dimanche par les chaînes de télévision. Il promet de venger la mort de Baïtullah en s'en prenant à « l'Amérique et au Pakistan ».
Sous pression de Washington, Islamabad a lancé au printemps son armée dans de grandes offensives dans les bastions talibans du Nord-Ouest, et les États-Unis y ont multiplié les tirs de missiles, visant essentiellement des cadres d'el-Qaëda et des talibans afghans. Islamabad est placée depuis plusieurs mois en alerte maximale, les artères principales étant entravées par d'innombrables check-points de la police et de l'armée.
Le centre-ville, qui abrite les bâtiments du gouvernement, le Parlement et les institutions judiciaires, mais aussi l'imposante enclave diplomatique, avait déjà été transformé en « zone rouge » après l'attentat-suicide au camion piégé qui a détruit l'hôtel de luxe Marriott le 20 septembre 2008, faisant 60 morts et plus de 250 blessés. Au total, ces deux dernières années, Islamabad a été le théâtre de douze attentats, quasiment tous suicide, qui ont fait plus de 140 morts.

Cinq employés de l'ONU ont été tués hier quand un kamikaze a fait exploser sa bombe dans les locaux ultrasécurisés d'une agence des Nations unies à Islamabad, la capitale du Pakistan. Cette nouvelle attaque-suicide s'est produite en plein cœur d'Islamabad. Le kamikaze « portait l'uniforme des Frontier Corps », une unité militaire chargée de la protection des enceintes diplomatiques, a expliqué le ministre Rehman Malik. L'homme a demandé d'aller aux toilettes et a ainsi trompé la vigilance des services de sécurité, selon lui. « Nous avons retrouvé les jambes et la tête du kamikaze, nous enquêtons pour savoir comment il a pu entrer dans le bâtiment car il y a des portiques de...
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