De son côté, beaucoup moins positif, l'ancien ministre Abdelrahim Mrad a mis en garde contre toute tentative de mettre en place un gouvernement qui ne regrouperait pas toutes les composantes de la vie politique locale. Il a en outre relevé que les rumeurs tendant à faire croire qu'un gouvernement verra le jour 24h ou 48h avant ou après la visite du roi Abdallah d'Arabie saoudite à Damas sont trop « optimistes », car « cela reste difficile à réaliser ». M. Mrad a mis en exergue dans ce contexte l'importance du rôle syrien « parce que si nous coopérons avec les Syriens, il en découlera quelque chose de positif ». Revenant sur « la vague d'optimisme qui a régné ces derniers jours », il a soutenu que celle-ci s'est « heurtée aux déclarations du chef des Forces libanaises Samir Geagea et aux positions américaines » tendant à semer des obstacles sur la voie de la formation du gouvernement. « Les Américains ne voient pas d'un bon œil la visite du roi Abdallah à Damas et sa rencontre avec le président Assad. Ils n'adhèrent pas non plus à la formule 15-10-5 », a-t-il soutenu. Il a ajouté qu'il fallait « parier sur la rencontre syro-saoudienne » car elle est de nature à « faire bouger de nombreux dossiers arabes », souhaitant qu'elle puisse aussi affecter positivement la formation du gouvernement.
Le député Hani Kobeissy a de son côté affirmé qu'il demeurait « optimiste quant à la formation d'un gouvernement d'union nationale capable d'épargner au Liban une éventuelle discorde ».
Le chef du Bloc du changement et de la réforme, le député Michel Aoun, qui a prononcé un discours à Ghazir à l'occasion d'une cérémonie de remise de diplômes à des étudiants du Courant patriotique libre qui ont réussi au baccalauréat, a pour sa part appelé les jeunes à s'ériger en « modèle du changement parce qu'une société est bâtie par les rebelles et non pas par ceux qui sont cupides ». « Ce que vous entendez aujourd'hui dans les médias n'est que mensonge », a-t-il affirmé. Le fait de généraliser les accusations de corruption n'est pas permis. Chaque homme de religion, chaque homme politique, chaque avocat ou professeur qui accuse tout le monde de corruption est lui-même corrompu (...). » « Une société est bâtie par les rebelles et non pas par ceux qui font preuve de cupidité, a ainsi martelé M. Aoun. Ils parlent de pragmatisme ou de réalisme, partant de là, vous devez refuser ce qui est faux et ne pas vous y soumettre (...). Le changement est inquiétant et tout le monde se complaît dans le statut quo, or en tant que Courant patriotique libre et Bloc du changement et de la réforme, notre objectif est de semer l'inquiétude parmi les gens car il n'est pas possible que les gens ne soient pas inquiets de toutes les violations qui ont lieu. »

