Wen Jiabao a signé hier une série d'accords de coopération avec son homologue Kim Yong-il et s'entretiendra aujourd'hui avec Kim Jong-il, selon les agences Chine nouvelle et Yonhap. Pékin est le premier partenaire économique de Pyongyang et les deux pays sont toujours liés par un accord de défense mutuel depuis 1961. Ce déplacement a été présenté comme une « visite officielle amicale » par les médias officiels chinois alors que Yonhap a laissé entendre que Kim Jong-il pourrait faire une « annonce importante » en rapport avec les négociations sur le nucléaire actuellement au point mort. En recevant à la mi-septembre un émissaire chinois, le leader nord-coréen Kim Jong-il avait affiché des signes d'apaisement en se déclarant prêt à retourner à la table des discussions « bilatérales et multilatérales ». Une escalade des tensions a mis un coup d'arrêt à ces tractations à six pays (deux Corées, États-Unis, Chine, Japon, Russie).
Pyongyang s'est retiré en avril de ces pourparlers hébergés depuis 2003 par Pékin et qui visent à faire renoncer Pyongyang à ses ambitions atomiques en échange d'une aide énergétique. Les sanctions internationales à l'encontre de la Corée du Nord ont été durcies à la suite du lancement par Pyongyang, début avril, d'un missile à longue portée. La Corée du Nord a estimé « injustes » les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, affirmant que l'engin était destiné à mettre en orbite un satellite de communications. En représailles, Pyongyang a non seulement quitté les négociations sur sa dénucléarisation mais également procédé, le 25 mai, à son second essai nucléaire depuis celui d'octobre 2006.
Le régime stalinien a ensuite fait monter la pression en menaçant de ne pas abandonner le nucléaire et d'utiliser son plutonium à des fins militaires.
Selon Yonhap, le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Bosworth, devrait justement annoncer une visite à Pyongyang dans le sillage de celle de M. Wen. Toutefois, les États-Unis estiment que la dénucléarisation du Nord nécessite une solution multilatérale et rejettent l'idée, avancée par Pyongyang, de discussions strictement américano-coréennes remplaçant les pourparlers à six pays.

