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Moyen Orient et Monde - Russie

Poutine ou Medvedev président en 2012 ? Les paris sont ouverts

« Si je travaille bien, si les Russes me font confiance, pourquoi ne pas me présenter ? » s'interroge l'actuel chef du Kremlin.
Le président russe Dmitri Medvedev a à son tour suggéré que Vladimir Poutine pourrait revenir au Kremlin en 2012, scénario privilégié par nombre d'analystes, même si le tandem répète à l'envi que rien n'est décidé. « Si c'est utile au pays, je suis prêt à travailler à tous les postes », a lancé, devant un parterre d'étudiants américains, M. Medvedev à qui on demandait s'il serait prêt à échanger ses fonctions avec celles de son Premier ministre Vladimir Poutine. « Le travail de président est assez difficile. Je peux aussi vous dire que celui de Premier ministre est assez difficile, de ce point de vue il n'y a pas beaucoup de différences », a-t-il ajouté, accréditant l'idée que les deux postes étaient quasi interchangeables.
Le 11 septembre, M. Poutine avait déjà laissé pointer des ambitions présidentielles, déclarant qu'il ne serait pas en concurrence avec M. Medvedev en 2012 et que le prétendant au Kremlin serait choisi « selon la réalité du moment ». S'il n'a pu se représenter en 2008 après deux mandats présidentiels successifs (2000-2008) et s'est en conséquence choisi M. Medvedev comme dauphin, rien ne lui interdit d'être candidat à la prochaine élection. Il bénéficiera alors de l'allongement de la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans, une réforme votée sur mesure pour lui, disent certains experts. Pour Alexandre Konovalov, analyste à l'Institut des évaluations stratégiques à Moscou, « il était déjà évident (avant ces déclarations) que Poutine se préparait à revenir au Kremlin en 2012 ». Considéré comme l'homme fort de la Russie, il a conservé, en quittant la présidence, de nombreux leviers de pouvoir qui limitent d'autant la marge de manœuvre de Dmitri Medvedev.
Au poste de Premier ministre, il garde la main sur l'économie du pays et par ricochet sur tous les grands groupes publics, de Gazprom au pétrolier Rosneft. Les « siloviki », anciens du KGB et de l'armée, très influents dans l'appareil d'État, lui sont acquis, de même que le parti Russie unie, qui contrôle la Douma. « Qui est le grand chef ? Oui, c'est bien Poutine, il est aussi plus fort et populaire (...), mais Medvedev peut le limoger, et pas l'inverse », d'où l'intérêt pour lui de retrouver les ors du Kremlin, constate M. Konovalov.
M. Medvedev n'exclut pas pour autant de briguer un nouveau mandat. « Si je travaille bien, si les Russes me font confiance, pourquoi ne pas me présenter ? » a-t-il fait savoir. Dans le même temps, ce protégé de Vladimir Poutine a concédé n'avoir jamais eu d'« ambitions présidentielles extraordinaires » et s'être vu « offrir » son poste actuel. En affichant des ambitions pour 2012, Dmitri Medvedev veut avant tout « plaire à son électorat libéral », considère Andreï Riabov, expert politique à la fondation américaine Carnegie à Moscou. Il a multiplié les messages à son intention ces dernières semaines, donnant des interviews à des médias d'opposition - ce qui aurait été inimaginable sous son prédécesseur - et critiquant les manquements du pouvoir ces dernières années, c'est-à-dire de... Vladimir Poutine.
Les opinions divergent sur le fonctionnement du tandem. Pour M. Konovalov, « la tension est réelle » et lourde de conflits potentiels, car le président a aussi des ambitions. « Il existe bien une seule équipe (...). Elle repose sur des ententes occultes. Les divergences sont exagérées dans l'entourage des deux hommes à des fins personnelles. Mais le tandem fonctionne », estime pour sa part M. Riabov.
Le président russe Dmitri Medvedev a à son tour suggéré que Vladimir Poutine pourrait revenir au Kremlin en 2012, scénario privilégié par nombre d'analystes, même si le tandem répète à l'envi que rien n'est décidé. « Si c'est utile au pays, je suis prêt à travailler à tous les postes », a lancé, devant un parterre d'étudiants américains, M. Medvedev à qui on demandait s'il serait prêt à échanger ses fonctions avec celles de son Premier ministre Vladimir Poutine. « Le travail de président est assez difficile. Je peux aussi vous dire que celui de Premier ministre est assez difficile, de ce point de vue il n'y a pas beaucoup de...
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