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Moyen Orient et Monde - France

Procès Clearstream : Lahoud et Gergorin se lancent les accusations

L'une des tâches les plus ardues du tribunal correctionnel de Paris sera de délimiter le rôle de Imad Lahoud et de Jean-Louis Gergorin dans le scandale.
Le procès Clearstream est entré hier dans le vif de la « machination » qui visait notamment le président Nicolas Sarkozy, avec les interrogatoires de deux faussaires présumés des listings à l'origine du scandale qui se sont mutuellement accusés de mentir.
L'une des tâches les plus ardues du tribunal correctionnel de Paris sera de délimiter le rôle des deux hommes et de dire qui, de l'ancien vice-président du groupe aéronautique EADS Jean-Louis Gergorin ou de son employé, l'ex-trader et mathématicien Imad Lahoud, a été le véritable instigateur de la falsification. En 2003, Imad Lahoud récupère - auprès d'un ancien stagiaire chez Clearstream et d'un journaliste - des fichiers, qui ont ensuite été falsifiés avant d'atterrir un an plus tard - de manière anonyme - chez un juge parisien. Ces faux documents comportaient les noms de dizaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, prétendues bénéficiaires de pots-de-vin dans une vente d'armements, versés auprès de l'institution luxembourgeoise Clearstream. L'affaire devient un scandale d'État quand l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est accusé d'avoir pris part à cette machination visant à discréditer M. Sarkozy, alors qu'ils siégeaient tous deux au gouvernement mais étaient rivaux dans la course à la présidentielle de 2007.
Hier, l'ex-trader a affirmé avoir récupéré en 2003 ces listings authentiques de comptes clients sur « ordre » des services secrets français et de Jean-Louis Gergorin, puis avoir, en mars 2004, ajouté les noms patronymiques de Nicolas Sarkozy dans les listings, à la demande de l'ancien vice-président d'EADS. « Je ne suis pas la source que décrit Jean-Louis Gergorin », « j'ai conservé tous ces documents » pour lui, mais « je n'ai pas fabriqué les listings Clearstream », a déclaré Imad Lahoud. « Tout ce que dit M. Lahoud est faux, tout est inventé », a alors réagi l'ancien vice-président d'EADS. Cherchant à minimiser sa responsabilité dans la falsification, Imad Lahoud a ajouté : « Je reconnais avoir recopié sur une feuille Excel un modèle papier que m'a donné Jean-Louis Gergorin avec les patronymes Stéphane Bocsa et Paul de Nagy », qui sont des éléments du nom complet de Nicolas Sarkozy. « On m'a présenté un document et je l'ai recopié à la demande de Jean-Louis Gergorin », a martelé l'ancien trader, assurant n'être qu'une « petite main » et « en aucun cas l'auteur de cette affaire ».
Si l'on sait aujourd'hui que les lettres anonymes et les faux listings ont été envoyés au juge par Jean-Louis Gergorin, qui le reconnaît, et que des traces des listings ont été retrouvées dans l'ordinateur de Imad Lahoud, on ignore toujours précisément lequel a introduit dans les listings les noms d'une centaine de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, afin de faire croire qu'elles détenaient des comptes occultes. À plusieurs reprises, Jean-Louis Gergorin s'est plaint de ne pas être le « corbeau », mais plutôt « le pigeon » de l'histoire, qui aurait cru sincèrement au génie informatique de M. Lahoud et à l'authenticité des documents falsifiés.
Si Imad Lahoud, qui affirme aujourd'hui avoir ajouté le nom de Nicolas Sarkozy à la demande de l'ancien cadre d'EADS, dit la vérité, le tribunal devra déterminer la responsabilité de M. Gergorin et déterminer pour le compte de qui il aurait agi. C'est à ce niveau que l'affaire devient un scandale politique : Jean-Louis Gergorin a prétendu au cours de l'enquête avoir rencontré à plusieurs reprises Dominique de Villepin, lequel lui aurait conseillé de saisir la justice. Alors que Nicolas Sarkozy a promis un « croc de boucher » aux manipulateurs, l'ex-Premier ministre clame son innocence et accuse le président « d'acharnement ». Le tribunal s'est donné jusqu'au 23 octobre pour découvrir les auteurs de la falsification.
Le procès Clearstream est entré hier dans le vif de la « machination » qui visait notamment le président Nicolas Sarkozy, avec les interrogatoires de deux faussaires présumés des listings à l'origine du scandale qui se sont mutuellement accusés de mentir.L'une des tâches les plus ardues du tribunal correctionnel de Paris sera de délimiter le rôle des deux hommes et de dire qui, de l'ancien vice-président du groupe aéronautique EADS Jean-Louis Gergorin ou de son employé, l'ex-trader et mathématicien Imad Lahoud, a été le véritable instigateur de la falsification. En 2003, Imad Lahoud récupère - auprès d'un ancien stagiaire chez Clearstream et d'un journaliste - des fichiers, qui...
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