« Parce que est venu le moment pour le monde de prendre une nouvelle direction, nous devons ouvrir une nouvelle ère de coopération multilatérale, basée sur un intérêt et un respect mutuels », a-t-il dit devant plus de 120 chefs d'État et de gouvernement. « Nos actions ne sont pas au niveau de l'ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés », et « il est désormais temps pour chacun d'entre nous de prendre sa part de responsabilité dans la réponse globale aux défis mondiaux », a-t-il estimé.
Lors de sa première allocution dans cette enceinte, le président américain, souvent applaudi chaleureusement, a retracé toutes ses actions pour tourner définitivement la page de l'ère Bush. Il a mis en garde l'Iran et la Corée du Nord. « Dans leurs actions jusqu'à présent, les gouvernements de Corée du Nord et d'Iran menacent de nous entraîner sur une pente dangereuse », a-t-il relevé. « Si les gouvernements d'Iran et de Corée du Nord choisissent d'ignorer les règles internationales, si ces pays mettent la recherche d'armes nucléaires avant la stabilité régionale et la sécurité, s'ils ignorent les dangers d'une course aux armements nucléaires en Asie de l'Est et au Moyen-Orient, alors ils devront rendre des comptes. »
Au lendemain d'un sommet avec les Palestiniens et les Israéliens, Barack Obama a aussi souligné que les États-Unis « ne reconnaissent pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne ». Ce dossier est la principale pierre d'achoppement empêchant la reprise de négociations de paix israélo-palestiniennes suspendues depuis fin 2008.
Plus tôt, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait appelé ses membres à répondre unis aux défis du climat, du nucléaire et de la pauvreté, tandis que le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva demandait que le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, soit rétabli dans ses fonctions.
Pour sa première apparition en 40 ans de pouvoir, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s'est livré à une diatribe contre le fonctionnement du Conseil de sécurité de l'ONU et s'est éternisé à la tribune de l'Assemblée générale de l'organisation en dépit de rappels au règlement.
Pour sa première apparition en 40 ans de pouvoir, le bouillant colonel, qui a fait attendre l'auditoire pendant plus de cinq minutes avant de monter à la tribune, continuait à parler une heure après, alors que les orateurs ont été priés de ne pas dépasser les 15 minutes en début de séance par le président de l'Assemblée, Ali Triki, un ancien ministre... libyen. Il est vrai que le prédécesseur de M. Kadhafi à la tribune, l'Américain Barack Obama, avait lui aussi dépassé cette limite, parlant pendant 40 minutes. Prié d'abréger, le « guide » de la révolution libyenne a refusé, prenant justement prétexte du dépassement de temps de M. Obama.
M. Kadhafi s'en est pris en particulier à la domination exercée sur le Conseil de sécurité par ses cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) et à leur droit de veto. Il a également stigmatisé les grandes puissances, les accusant d'avoir déclenché de nombreux conflits depuis 1945 pour poursuivre leurs propres intérêts. Son discours est apparu très décousu, plein d'improvisations, mais surtout de redites, sur le thème de l'injustice du monde.
Le dirigeant libyen a également estimé que l'Afrique devrait recevoir 7 770 milliards de dollars de dédommagements de ses anciens colonisateurs, sans préciser comment il était parvenu à ce montant.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président français Nicolas Sarkozy devaient s'exprimer plus tard dans la soirée.

