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Liban - Communautés

Sfeir : La formule 15-10-5 n’a pas réussi jusqu’à présent

Le patriarche maronite a quitté le Liban pour Rome, où il rencontrera le pape. Il s'est prêté, à l'aéroport, aux questions des journalistes, insistant sur la nécessité d'un gouvernement au plus tôt. 
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a renvoyé à sa « liberté » le général Michel Aoun qui, la veille, avait affirmé que le chef de l'Église maronite « appartient au parti des Forces libanaises ». « Nous sommes dans un pays libre et chacun peut dire ce qu'il pense », a affirmé le patriarche, qui répondait aux questions des journalistes, avant son départ pour Rome.
Le chef de l'Église maronite a confirmé qu'il redoutait une prolongation de la crise. « Si l'on mesure le présent au passé, la crise peut en effet durer. Certains assurent qu'elle va durer, si la bonne volonté pour sauver le Liban de sa crise est absente », a dit le patriarche, en référence à la vacance du siège présidentiel, à la fin du mandat du président Lahoud.
« Nous faisons de notre mieux pour détendre l'atmosphère, mais est-ce que les choses dépendent seulement de nous ? » a-t-il affirmé en allusion aux ingérences externes dans les affaires du Liban.
Au sujet de la formule gouvernementale 15-10-5, le patriarche a constaté qu'elle « n'a pas réussi jusqu'à présent ». « Nous n'avons pas d'objections sur une formule, a-t-il dit, mais nous insistons pour qu'un gouvernement soit formé. »
Le chef de l'Église maronite a refusé de dire si oui ou non il appuyait la formule en question.

À chacun son avis
Au sujet d'hypothétiques désaccords au sein du collège épiscopal maronite, dont se fait l'écho une certaine presse, le patriarche a affirmé : « Chacun de nous a son avis qu'il exprime. En général, quand nous exposons un point de vue dans une de nos réunions, chacun donne son avis, et nous ne publions d'habitude que des avis que tous partagent. »
Interrogé sur sa déclaration de la veille, au cours de laquelle il avait été d'avis qu'un homme ayant échoué aux élections ne devait pas occuper la fonction de ministre, et confronté au fait qu'il avait proposé par écrit, comme présidentiable le nom d'une personnalité qui était dans ce cas, le patriarche a déclaré que les deux situations ne sont pas comparables.
« Dans certains cas, cela s'impose, a-t-il dit, et la présidence n'est pas directement liée à un suffrage populaire, comme c'est le cas pour un député, (...) mais quand des électeurs ont privé un homme de leurs suffrages, proposer de le nommer ministre revient un peu à s'opposer à l'opinion publique. »
Le patriarche a affirmé par ailleurs que s'il avait mis en garde contre un exode des Libanais en cas d'implantation, ce n'était pas sur base d'une « donnée », mais sur base d'une déduction fondée sur des données concrètes.

Un million de départs depuis 1970
Mgr Sfeir a rappelé qu'environ un million de Libanais ont fui le Liban depuis 1970, raison pour laquelle la population libanaise est restée la même depuis cette époque. Le patriarche a démenti que les Américains lui aient fait part de leur désir de voir les Palestiniens implantés au Liban, comme l'avait assuré le général Michel Aoun. « Peut-être en sait-il plus long que moi », a-t-il dit ironiquement.
Il a conclu en affirmant que de bonnes surprises peuvent se produire dans un pays où un gouvernement conduit habilement les affaires publiques. En l'absence d'un gouvernement, il a confirmé nourrir certaines inquiétudes au sujet de « secousses » possibles.
À Rome, le patriarche maronite ainsi que les six autres patriarches catholiques orientaux auront une audience avec le pape Benoît XVI, avec lequel ils soulèveront diverses questions touchant les Églises orientales. Ils participeront aussi aux travaux préparatoires d'une assemblée spéciale du synode des évêques qui se tiendra en 2010 et qui sera consacrée à la situation des Églises dans le monde arabe.
Le patriarche était accompagné hier, à l'aéroport, par les patriarches arménien-
catholique, Nersès Bédros XIX, et syriaque-catholique, Ignace III Youssef Younan.
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a renvoyé à sa « liberté » le général Michel Aoun qui, la veille, avait affirmé que le chef de l'Église maronite « appartient au parti des Forces libanaises ». « Nous sommes dans un pays libre et chacun peut dire ce qu'il pense », a affirmé le patriarche, qui répondait aux questions des journalistes, avant son départ pour Rome.Le chef de l'Église maronite a confirmé qu'il redoutait une prolongation de la crise. « Si l'on mesure le présent au passé, la crise peut en effet durer. Certains assurent qu'elle va durer, si la bonne volonté pour sauver le Liban de sa crise est absente », a dit le patriarche,...
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