« Au moment où le Premier ministre Nouri al-Maliki affirmait sur les chaînes de télévision qu'il ne dormirait pas tant qu'il ne serait pas rassuré sur mon sort (...), j'étais torturé de la pire des manières, avec des chocs électriques, frappé à coups de câble électrique et de barre de fer », a dit le journaliste au cours d'une conférence de presse. Selon lui, ses geôliers ont simulé des noyades, une technique employée par la CIA américaine sur des suspects après les attentats du 11-septembre. Il a réclamé des excuses du Premier ministre « pour avoir caché la vérité ».
M. Zaïdi a tenu sa conférence de presse immédiatement après sa libération dans les locaux de la chaîne de télévision al-Baghdadiya qui l'employait fin 2008. Il a justifié son geste en affirmant qu'il avait voulu « venger » les victimes de la guerre en Irak, mais s'est défendu d'être « un héros ». « L'opportunité s'est présentée et je ne l'ai pas ratée », a-t-il indiqué. « Ce que je voulais faire en jetant mes chaussures au visage du criminel Bush », c'est « exprimer mon rejet de ses mensonges et de l'occupation de mon pays », a-t-il poursuivi, estimant que l'Irak était toujours « captif » des Américains.
Sans écarter totalement qu'il reprendrait son ancien travail de journaliste à la chaîne irakienne, il a affirmé qu'il souhaitait aider les veuves et les orphelins, victimes de la guerre en Irak. Selon sa famille, il doit se rendre rapidement en Grèce pour recevoir des soins. Selon elle, le journaliste est sujet à de fréquents maux de tête qui seraient dus « à des produits chimiques inconnus » injectés pendant sa détention.
À l'annonce de sa libération, les sœurs du journaliste, réunies dans son petit appartement de Bagdad, ont lancé des youyous de joie, selon un journaliste de l'AFP. Hazem al-Araji, un des chefs du mouvement antioccupation de Moqtada al-Sadr, a loué « le journaliste héros, dont l'acte a représenté la souffrance des enfants et des veuves irakiens ». Il devait être libéré lundi, selon sa famille, mais l'élargissement avait été reporté pour des raisons administratives.
Le journaliste était devenu célèbre le 14 décembre 2008 lors d'une conférence de presse à Bagdad de George W. Bush, qui effectuait sa dernière visite dans le pays envahi par ses troupes en 2003. Il avait lancé ses chaussures, pointure 43, à la tête de Bush, qui les avaient évitées de justesse, en criant : « C'est le baiser d'adieu, espèce de chien. » Depuis son geste, diffusé par les télévisions du monde entier, M. Zaïdi est célébré dans les pays arabes et au-delà comme un héros qui s'est opposé aux États-Unis.

