Dourgham a fondu en larmes quand il a appris la nouvelle, devant sa famille qui était venue pour accueillir Mountazer en héros. Ses sœurs, ses neveux et nièces brandissaient des photos du journaliste et des drapeaux irakiens devant une horde de journalistes irakiens et internationaux venus couvrir l'événement. Un autre de ses frères, Oudaï, avait indiqué plus tôt à l'AFP avoir été informé par les autorités pénitentiaires de la réception de l'ordre de libération qui interviendrait « aujourd'hui ». Selon sa famille, Mountazer al-Zaïdi « réalisera un voyage à l'étranger, en particulier dans les pays arabes, pour remercier toutes les personnes qui l'ont soutenu ».
Interrogé pour savoir s'il retournerait travailler à la chaîne Baghdadia, son ancien employeur, Oudaï a répondu : « Il n'y retournera pas car la chaîne s'est servie de son nom pour se faire de la publicité. » Il souhaite au contraire créer un centre pour les orphelins et les veuves, auxquels il avait dédié son geste lors de la conférence de presse, avec l'argent promis par ses admirateurs, a précisé sa famille.
Mountazer al-Zaïdi était devenu célèbre le 14 décembre 2008, lors d'une conférence de presse à Bagdad de George W. Bush, qui réalisait sa dernière visite dans le pays envahi par ses troupes en 2003. Le journaliste avait lancé ses chaussures, pointure 43, à la tête de Bush, qui les avaient évitées de justesse, en criant : « C'est le baiser d'adieu, espèce de chien. » Condamné en première instance à trois ans de prison pour « agression contre un chef d'État en visite officielle », sa peine avait été réduite en appel à un an. Depuis son geste, diffusé par les télévisions du monde entier, Mountazer al-Zaïdi est célébré dans les pays arabes et au-delà comme un héros qui s'est opposé aux États-Unis. Mais pour de nombreux autres Irakiens, fier de leur culture d'hospitalité, il s'est mal comporté face à un « invité ». Dans la culture arabe, jeter ses chaussures à la tête de quelqu'un et le traiter de « chien » est considéré comme l'insulte suprême.

