Les partisans de présidentiables vaincus pourraient également recourir à la violence s'ils jugeaient les résultats du scrutin dictés par la fraude, mais « pour le moment, les candidats ont toujours appelé à rester calmes », se rassure un diplomate occidental.
Le prochain chef d'État affrontera dans tous les cas une situation peu enviable, avec une corruption endémique et un État incapable de contenir des violences atteignant des niveaux record. « La façon dont le nouveau président résistera » aux chefs de guerre et leaders religieux ou tribaux venant réclamer les postes honorifiques promis pendant la campagne « est cruciale car l'Afghanistan a désespérément besoin de vraies compétences », estime à l'AFP un autre diplomate. Mais dans pareille configuration, « il est complètement illusoire de penser que l'Afghanistan aura un gouvernement stable d'ici 12 à 18 mois », juge la chercheuse Mariam Abou Zahab, du Centre français d'études et de recherches internationales (CERI).
Quant aux dirigeants occidentaux, confrontés à des opinions publiques qui n'acceptent plus leur engagement militaire, ils cherchent à obtenir rapidement des résultats. 100 000 soldats étrangers, aux deux tiers américains, sont stationnés en Afghanistan et leurs pertes atteignent des records. Les pays impliqués ont beau appeler à négocier avec les talibans, ces derniers, dénonçant « une élection truquée », exigent en préalable que « les envahisseurs étrangers quittent le pays ».
Abdullah et Karzaï ne seront pas non plus des interlocuteurs, car « nous voulons leur élimination à tous les deux », assène un porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi, jugeant la situation « très bonne » pour son mouvement.

