Le mouvement Amal a choisi, de son côté, de tempérer ses propos en mettant l'accent hier sur la nécessité de mettre en place « un gouvernement d'union nationale fondé sur la formule 15-10-5 », tout en rappelant que le bloc parlementaire d'Amal doit se réunir pas plus tard qu'aujourd'hui afin de choisir le nom du Premier ministre qui devra être désigné pour former le nouveau gouvernement. Le député Kassem Hachem est allé dans le même sens en affirmant que « toute tentative de modifier la 15-10-5 reviendrait à faire preuve d'aventurisme à l'égard de l'avenir du Liban ». Le député Ali Hassan Khalil a pour sa part estimé lors d'une cérémonie de condoléances, où il représentait le président de la Chambre et chef du mouvement Amal Nabih Berry, qu'il n'était pas « permis » que la « dissension confessionnelle soit nourrie par un désir d'accéder à des gains communautaires ». Le ministre de l'Industrie sortant Ghazi Zeaiter a de son côté maintenu que « le gouvernement verra le jour et représentera les différents pôles » politiques. Moins positif, le ministre de la Santé sortant Mohammad Khalifé a soutenu que le pays « traverse une crise politique réelle », mais que le ministère de la Santé « n'en sera guère affecté ».
Le CPL critique Berry
Le Courant patriotique libre a cependant adopté une attitude nettement moins positive en relevant par le biais du vice-Premier ministre Issam Abou Jamra que « le fait pour Nabih Berry de soutenir la nouvelle nomination de Saad Hariri à la tête du prochain gouvernement équivaut en fait à une validation implicite du principe de la non-
nomination à des postes ministériels des candidats malheureux aux législatives ». Déplorant d'autre part que « le système de rotation des ministères » ne s'applique pas à tous les ministères mais uniquement à certains portefeuilles, il a rappelé que « les Finances demeurent aux mains de l'équipe gouvernementale depuis 14 ans et le ministère de la Santé a été alloué au mouvement Amal par les deux derniers gouvernements ». Le député CPL Hikmat Dib a quant à lui noté, lors d'une cérémonie d'inauguration d'un centre CPL à Hammana, qu'il n'est pas « admissible » que des gouvernements soient formés sans que la formule spécifique au Liban ne soit prise en compte. « Il est temps que tout le monde comprenne qu'il n'est pas possible de marginaliser une composante » de la vie politique locale, a ajouté M. Dib. Le ministre des Télécommunications sortant, Gebran Bassil, a pour sa part émis le souhait que « la deuxième tentative haririenne » puisse être « plus réussie et plus consciente » des difficultés et des réalités de la situation. « La crise gouvernementale actuelle n'est pas uniquement causée par un problème de distribution de portefeuilles (...) elle est due à un manque de compréhension de la signification réelle du gouvernement d'union nationale et du partenariat véritable. Le problème va plus loin encore puisque nous décelons un complot en ce qui concerne l'implantation » des réfugiés palestiniens au Liban.
Par ailleurs, le député du Parti syrien national social (PSNS), Assaad Hardane, a estimé hier qu'il était temps de « revoir les positions des uns et des autres ainsi que les priorités nationales afin de sauver le pays ». Il a d'autre part relevé que « le pays traverse une crise politique qui porte en elle les germes d'une déflagration ».

