Beaucoup moins optimiste, le député du mouvement Amal Ali Hassan Khalil a relevé que « la crise politique a atteint un seuil tel qu'elle laisse présager des dangers pour la stabilité du pays ». « Nous continuerons de tendre la main à toutes les parties et nous continuerons de communiquer avec tout le monde pour trouver ce qui est susceptible de nous sortir d'un tunnel dans lequel nous ne voulons pas que le Liban se noie », a ajouté M. Hassan Khalil.
Le responsable de la région du Sud au sein du Hezbollah, Nabil Qaouq, a indiqué pour sa part que son parti était « prêt à coopérer pour parvenir à une entente pouvant faciliter le dialogue ».
Plus critique à l'égard de la majorité, le député Ayoub Hmayed a affirmé que celle-ci se concentre sur le fait qu'elle est majoritaire « sans prendre en considération les aspirations de l'autre camp » et que cette attitude est en fait « un saut dans l'inconnu qui ne va pas dans le sens de la logique du partenariat et de l'union » nationale. Même son de cloche du côté du député Kassem Hachem (Baas prosyrien) qui a estimé qu'il n'est pas « permis de se cacher derrière la Constitution pour retourner à une logique isolationniste ». L'Union pour le Liban (UPL) a également critiqué hier « la formule gouvernementale » telle que proposée par M. Hariri. Le membre du bureau politique du parti Marada, Vera Yammine, a estimé par ailleurs que les complications qui entourent la question de l'octroi du ministère des Télécommunications sont liées à la situation de la résistance « car la présence du ministre Gebran Bassil à la tête du ministère est une sorte de protection » pour la résistance.
Le député Ali Osseirane a quant à lui souhaité la mise en place d'un gouvernement « dans lequel il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu », notant que le dernier mot dans ce dossier revenait après tout au « président de la République Michel Sleiman ».
Pour le député Nabil Nicolas, « tout ce qui se produit actuellement » sur le plan politique « a pour objectif d'appauvrir le citoyen et de pousser à l'implantation » des réfugiés palestiniens au Liban. Réitérant la position du Courant patriotique libre (CPL), le député Nagi Gharios a rappelé que « nos revendications correspondent à l'importance de notre bloc parlementaire, et chaque ministre doit être à sa place ». M. Gharios a ensuite conseillé au Premier ministre désigné Saad Hariri d'attendre « car l'opposition a des concertations et des discussions à faire ». Quant au responsable de la commission économique au sein du CPL, Nicolas Sehnaoui, il a souligné que le courant aouniste a droit à un portefeuille régalien.
Le parti Baas prosyrien a en outre indiqué dans un communiqué publié à l'issue de la réunion hebdomadaire de son bureau politique qu'un gouvernement « sur lequel toutes les parties ne sont pas d'accord ne peut en aucun cas être un facteur d'union entre les Libanais ».

