L'affaire a fait grand bruit. Henry a été obligé de démentir en direct sur la chaîne de télévision TF1, tandis que Domenech assurait dans une chronique vidéo sur le site de la Fédération française de football (FFF) que l'ambiance au sein du château de Clairefontaine était « exceptionnelle ».
Loin de toute cette agitation, la Serbie se prépare pour son rendez-vous avec l'histoire. Une victoire lui assurerait la première place du groupe et une qualification directe pour l'Afrique du Sud, soit la première phase finale pour la Serbie en tant que pays indépendant. L'importance du match, qui se jouera à guichets fermés devant pas moins de 60 000 spectateurs au Marakana de Belgrade, fait saliver tout un pays. L'atmosphère est surchauffée à Belgrade quand le sujet de conversation est lancé sur ce match et les supporters veulent croire à un spectacle grandiose face à une équipe de France qui suscite néanmoins le respect.
Voulant sans doute évacuer la pression pour ses joueurs, Domenech a déclaré que ce match n'était « pas décisif » car il reste encore « deux matches derrière » (contre les Féroé et l'Autriche). Pourtant, une victoire relancerait les Bleus à un point de la Serbie. La qualification directe resterait hypothétique, mais possible, en gagnant les deux autres matches et en espérant un faux pas des Serbes contre la Roumanie et/ou la Lituanie. Une défaite condamnerait les Bleus aux barrages.
Les piques de Antic
La cote de popularité de Domenech est au plus bas. Il a encore été conspué au Stade de France. Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, répète que Domenech sera maintenu en poste quoi qu'il arrive en Serbie. Mais les critiques s'amoncellent, notamment par la voix des anciens champions du monde 1998.
Avant que « l'affaire Henry » survienne, les Bleus se raccrochaient à une première période emballante samedi au Stade de France face à la Roumanie, en dépit du peu de réussite (un seul but marqué à chaque fois lors des quatre derniers matches de qualification).
En face, les Serbes font monter la pression. « Je pense que nos adversaires n'auront pas beaucoup d'occasions », pronostique le défenseur Nemanja Vidic.
Le sélectionneur serbe Radomir Antic a lancé ses petites piques sur les Bleus : « Mon sentiment est que la France n'a pas de solution de rechange pour pallier l'absence de Franck Ribéry (qui a débuté samedi sur le banc et s'est remis depuis d'une blessure à un mollet). Derrière, Escudé m'a semblé assez lent. »
Tous avec les « Aigles »
Fidèle à sa philosophie de jeu, Antic assure que son équipe, qui, au sein du groupe 7, dispose de la meilleure attaque et de la meilleure défense, entrera dans le match sans complexe, avec la ferme volonté de vaincre.
Les Serbes auront, de plus, un soutien inconditionnel de leurs supporters qui, depuis longtemps, n'avaient pas fait preuve d'autant d'enthousiasme vis-à-vis de leur sélection nationale.
Sur les forums Internet, les différents groupes de supporters habituellement hostiles les uns envers les autres se sont engagés à soutenir sans faille les « Aigles », surnom de la sélection serbe.
La réussite de cette union sacrée derrière l'équipe revient sans aucun doute à Antic qui, après avoir pris les rênes de la sélection en août 2008, a reconstruit patiemment un véritable culte de la sélection nationale.

