Seif el-Islam, l'un des fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, a prévenu que Tripoli rejetterait toute demande britannique d'indemnisation des victimes d'attentats de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), qui auraient été perpétrés à l'aide de matériel fourni par les Libyens. Ce litige se réglera devant les « tribunaux », a averti Seif el-Islam, qui n'a aucune fonction officielle au sein du gouvernement libyen, mais a joué un rôle important dans le règlement du contentieux sur l'indemnisation des victimes américaines du terrorisme dans les années 80. « Tout le monde peut frapper à notre porte. Vous allez devant un tribunal. Elles (les familles de victimes) ont leurs avocats, nous avons les nôtres », a-t-il déclaré à la chaîne britannique Sky News.
Des Britanniques blessés dans les attentats de l'IRA et des parents de victimes réclament des indemnités à la Libye, soupçonnée d'avoir fourni des armes, dont du Semtex, un explosif, au groupe républicain pour mener à bien ses attaques au Royaume-Uni dans les années 80 et 90. Leurs doléances ont été remises sur le devant de la scène dimanche par des révélations de presse. Le Sunday Times a retrouvé une lettre adressée par M. Brown en octobre 2008 à Jason McCue, l'avocat des victimes. Dans ce courrier, finalement rendu public dimanche par Downing Street, le Premier ministre estimait « malvenu » de discuter d'indemnisation avec Tripoli, considérant qu'il était « dans nos intérêts » que la coopération avec la Libye se poursuive.
Puis dans la soirée, M. Brown a opéré ce que l'opposition s'est empressée de qualifier de « revirement ». Il a promis de soutenir activement les parents de victimes dans leurs démarches. Il a annoncé que des diplomates assisteraient leurs représentants qui ont prévu de se rendre en Libye dans les semaines à venir pour ouvrir des négociations directes avec Mouammar Kadhafi sur ce thème. M. Brown a justifié sa nouvelle approche en disant que les familles de victimes avaient de meilleures chances que le gouvernement britannique d'obtenir des concessions de la part de Tripoli. Celles-ci ont perçu la réaction de Seif el-Islam comme une avancée. « Nous nous sommes toujours attendus à ce que cela aille devant les tribunaux, et cela signifie qu'il y aura un processus pour obtenir des compensations », a déclaré M. McCue.

