Les manifestants et des élus locaux se sont rassemblés à Hilla, capitale de la province de Babylone, devant le siège du gouvernorat et ont brandi des banderoles sur lesquelles était écrit : « L'immoralité, Bachar, c'est de tuer des gens de sang-froid », en réponse à des déclarations du président syrien. Bachar el-Assad avait répondu aux accusations irakiennes sur le soutien présumé de son pays à des auteurs d'attentats en Irak en affirmant que de tels propos étaient « immoraux et politiques ». « Les baassistes et les takfiris (extrémistes sunnites) viennent de ton pays, Bachar », indiquait une autre banderole, en référence au parti Baas interdit de l'ancien dictateur Saddam Hussein et du réseau el-Qaëda.
Il s'agit de la première manifestation antisyrienne organisée en Irak depuis le début d'une crise diplomatique entre Bagdad et Damas, qui a éclaté suite aux attentats du 19 août à Bagdad ayant fait 95 tués. « À cause de la protection accordée par le régime syrien aux baassistes et aux takfiris, le sang des Irakiens est versé. La communauté internationale doit demander aux pays voisins de l'Irak, en particulier la Syrie, d'arrêter leur soutien aux terroristes et aux assassins », a affirmé à l'AFP le président du conseil provincial de Babylone, Kazim Majid Toumane, membre du mouvement du chef radical chiite Moqtada Sadr. Le gouverneur de la province, Salman al-Zarkani, a, lui, réclamé la « formation d'un comité international pour établir le rôle du régime syrien » dans les attentats de Bagdad fin août.
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a réclamé, dans une récente lettre à l'ONU, que les auteurs des attaques soient jugés devant un tribunal international.
Sur le terrain, au moins seize personnes ont été tuées hier, selon des sources au sein des services de sécurité. Un kamikaze a fait exploser sa voiture près d'un barrage contrôlé par la police et l'armée à l'entrée de Ramadi tôt dans la matinée. Quatre policiers et quatre civils ont été tués alors que 15 personnes ont été blessées. À Kirkouk, deux frères âgés de 14 et 9 ans ont été tués par un engin explosif découvert près de leur maison avec lequel ils jouaient, a indiqué un officier de police. En outre, à Sadr City, un civil a été tué et trois personnes ont été blessées, dont deux soldats, par l'explosion d'une voiture piégée, selon une source hospitalière. Dans un autre quartier du sud de Bagdad, à al-Qahira, l'explosion d'une voiture piégée a tué une personne et blessé huit autres, a indiqué une source du ministère de l'Intérieur.
Les violences ont connu une recrudescence au cours de l'été. Le mois d'août a été le plus sanglant en Irak depuis plus d'un an, marquant une nette dégradation de la sécurité et un défi pour le Premier ministre Nouri al-Maliki qui se voulait le champion du retour au calme. Selon des chiffres fournis par les ministères de la Défense, de l'Intérieur et de la Santé, 393 civils, 48 policiers et 15 soldats ont été tués en août. En outre, 1 741 personnes ont été blessées.

