Dans sa déclaration hebdomadaire, le chef du CPL a indiqué qu'il a longtemps gardé le silence, avant de répondre aux diffamations dont il dit faire l'objet, « afin de maintenir le calme, de donner la chance au débat autour de la formation du gouvernement et de la mise en place d'un programme commun de réformes ».
Faisant état d'un espoir, « quoique minime, de parvenir à des résultats positifs », le général Aoun a dit avoir été par la suite surpris par « des campagnes médiatiques artificielles et fondées seulement sur des sentiments de profonde hostilité à notre encontre ». Il a ensuite indiqué que c'est lorsqu'il a décidé de répondre à ses détracteurs que ces derniers ont appelé à la cessation de la polémique, avant de souligner que les réponses à ses propos « n'avaient parfois aucun rapport avec le sujet soulevé ». « Il s'agissait, a relevé le général Aoun, d'une déformation totale des paroles et du sens. Si nous réclamions une dissociation de l'autorité de contrôle (le Parlement) et de l'autorité exécutive (le gouvernement), on nous accuserait d'attaquer la communauté sunnite. Si nous disions que le chef de l'État est, conformément à la Constitution, le seul président et que les deux autres pôles politiques sont des chefs d'institution, on nous accuserait aussi de porter atteinte à la fonction de Premier ministre et à la communauté à laquelle il appartient. Si nous réclamions des critères unifiés pour la formation du gouvernement, on nous rétorquerait que le président et le Premier ministre désigné ont ce droit, comme si nous le leur dénions. Tout ce que nous disions, poliment, est que personne ne peut former un gouvernement de façon arbitraire et qu'il est impératif de respecter les critères nécessaires dans ce domaine. »
« Les diatribes politiques lancées loin de tout débat constructif nécessaire pour régler les problèmes qui se posent dans le pays ont fait chuter la politique et les médias aux plus bas niveaux. Plus personne ne discute de programmes de réformes et plus personne ne veut proposer des substituts aux propositions que nous avançons et dont la concrétisation est de nature à développer la société », a poursuivi le général Aoun, jugeant « naturel que ces idées soient coûteuses pour ceux qui ont été frappés de paresse intellectuelle et qui ne peuvent pas engager un débat parce qu'ils ne possèdent pas les données nécessaires en rapport avec les intérêts de ceux qu'ils représentent, se contentant ainsi de répéter, comme des perroquets, quelques répliques acerbes qui leur avaient été dictées. »
Le chef du CPL a affirmé avoir voulu un débat autour du règlement de la dette publique pour faire face au projet d'implantation des réfugiés palestiniens. Il a repris dans ce cadre deux extraits de discours du Premier ministre sortant, Fouad Siniora, et de l'ancien chef de gouvernement, Rafic Hariri, présentant la lutte contre l'implantation des Palestiniens au Liban comme étant difficile. Selon le général Aoun, Rafic Hariri était favorable à l'endettement parce qu'il considérait que les dettes du Liban allaient être effacées à partir du moment où les réfugiés palestiniens seraient implantés. Mais pour le chef du CPL, les Libanais peuvent changer cette équation, pour peu qu'ils se mobilisent afin d'y faire face.


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