Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Reportage

À Wadi al-Nis, le football est une affaire de famille

L'équipe de ce village de Cisjordanie compte six frères et de nombreux cousins et tient la dragée haute à l'élite du football palestinien, dont il a remporté le championnat la saison dernière.

« Chez nous, lefoot est un devoir familial », proclame fièrement Omar Abou-Hamad, l'entraîneur du club de Wadi al-Nis, en Cisjordanie, dans son bureau aux étagères bardées de coupes. « Nos parents aimaient le foot et nous l'ont fait aimer encore plus », ajoute l'aîné (43 ans) de la fratrie qui compose l'ossature du club.
Dans un championnat très largement amateur, l'équipe de Wadi al-Nis, un village de 800 âmes au sud de Bethléem, fait figure d'épouvantail. Le club au maillot bleu marine a été fondé en 1974 par le père et les deux oncles de Omar Abou-Hamad. Après avoir remporté la Coupe des clubs de Cisjordanie en 2000 et 2007, et le championnat en 2009, il affiche cette année encore des ambitions qui inquiètent ses rivaux mieux lotis, comme ceux du Chabab al-Khalil (Hébron) ou al-Amareh (Ramallah), les grandes villes de Cisjordanie occupée.

Travailleurs le jour, footballeurs le soir
Jeudi soir, il l'a une nouvelle fois emporté (2-0) sur son concurrent d'al-Khader, dans le derby de la région de Bethléem, une victoire qui lui permet de garder le contact avec le groupe de tête du championnat après deux journées. Cinq des frères Abou-Hamad étaient sur le terrain, le sixième étant blessé. « À chaque fois, c'est un match intense », raconte Ahmad Jamal, 20 ans, défenseur et membre du clan Abou-Hamad. « Al-Khader est un des meilleurs clubs de Cisjordanie. Mais pour nous, inchallah, il n'y a pas d'autre résultat possible que la victoire », ajoute cet étudiant de l'université Abou-Dis à Jérusalem.
Pour autant, à l'instar des autres équipes palestiniennes, le club dispose de peu de moyens et la plupart des joueurs ne sont pas payés. « On reçoit des cotisations des gens du village et de la Fédération palestinienne de football (PFA), affiliée à la Fédération internationale de football (FIFA), qui nous accorde 10 500 euros pour la saison », explique Omar Abou-Hamad.
La plupart des joueurs s'entraînent le soir après leur journée de travail sur les chantiers de construction en Israël. Comme les autres ouvriers palestiniens, ils doivent se lever avant l'aube pour passer les check-points de Tsahal. Le buteur de Wadi al-Nis, Saïd Sbahi, 23 ans, 19 buts au cours des 10 derniers matchs, est payé 700 euros par mois. Originaire de la bande de Gaza, il reçoit également une prime de 4 900 euros par saison « plus 700 à 1 000 shekels (130 à 180 euros) par match grâce à des quêtes du public dans les gradins », précise Omar Abou-Hamad.
Reste que le club ne dispose pas de véritable terrain de jeu et souffre, comme les autres, de l'absence de perspective de paix dans le conflit israélo-palestinien. Le championnat a repris la saison dernière, après des années de suspension consécutives au déclenchement de la seconde intifada en 2000. Aujourd'hui, « notre rêve, c'est d'avoir un vrai stade », dit Omar, en montrant le chantier du futur terrain du club, un projet financé par l'Autorité palestinienne.
Dans ces conditions, le secret de la réussite de l'équipe tient aux liens du sang qui l'unissent, à la stricte discipline imposée par l'entraîneur et à l'amour du ballon rond que partagent les joueurs, selon Omar Abou-Hamad. « Grâce à Dieu, nous sommes solidaires et unis comme une grande famille. » Ses joueurs sont fiers de voir briller le nom de Wadi al-Nis au sein de l'élite. « Le village est connu grâce au foot, c'est notre orgueil », se réjouit Iyad Naïf, un des attaquants de l'équipe. « On est heureux de représenter la Palestine de cette façon », ajoute cet enseignant de 30 ans.


Djallal MALTI (AFP)

« Chez nous, lefoot est un devoir familial », proclame fièrement Omar Abou-Hamad, l'entraîneur du club de Wadi al-Nis, en Cisjordanie, dans son bureau aux étagères bardées de coupes. « Nos parents aimaient le foot et nous l'ont fait aimer encore plus », ajoute l'aîné (43 ans) de la fratrie qui compose l'ossature du club. Dans un championnat très largement amateur, l'équipe de Wadi al-Nis, un village de 800 âmes au sud de Bethléem, fait figure d'épouvantail. Le club au maillot bleu marine a été fondé en 1974 par le père et les deux oncles de Omar Abou-Hamad. Après avoir remporté la Coupe des clubs de Cisjordanie en 2000 et 2007, et le championnat en 2009, il affiche cette...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut