« Nous avons procédé avec succès à l'expérimentation de l'enrichissement d'uranium et elle est entrée dans la phase finale », a déclaré KCNA. « Nous sommes aussi en train de finaliser le retraitement de barres d'uranium usées, et du plutonium extrait (d'un réacteur) est en phase de militarisation », a affirmé le représentant permanent de Corée du Nord aux Nations unies, cité par KCNA. Les barres d'uranium usées proviennent du seul réacteur nord-coréen produisant du plutonium, a précisé l'agence officielle. « Nous sommes préparés à la fois au dialogue et aux sanctions », a déclaré le diplomate nord-coréen, dans une lettre citée par KCNA et adressée au président du Conseil de sécurité de l'ONU. Le diplomate indique répondre à une « demande de clarifications » du comité des sanctions de l'ONU.
Dans sa lettre, Pyongyang répond qu'il ne sera jamais lié par la résolution 1874, adoptée le 12 juin après son essai nucléaire du 25 mai et qui durcit les sanctions à son encontre. « Nous ne ressentons pas, par conséquent, une quelconque nécessité de répondre à la requête du comité des sanctions », indique le diplomate dans cette lettre, qualifiant la résolution d'injuste. Pyongyang poursuit en avertissant que si des membres du Conseil de sécurité persistaient à privilégier les sanctions au détriment du dialogue, il serait forcé « de prendre des contremesures autodéfensives plus fortes », une référence apparente à un troisième test nucléaire ou à un nouveau tir d'essai de missile longue portée.
Séoul a aussitôt réagi. Estimant « intolérable » que Pyongyang puisse fabriquer de nouvelles armes nucléaires, « le gouvernement va prendre des mesures fermes et adaptées aux menaces et provocations nord-coréennes », a réagi le ministère sud-coréen des Affaires étrangères. La Corée du Sud aura des discussions « approfondies » avec l'émissaire américain pour la Corée du Nord, Stephen Bosworth, qui a entamé mercredi une tournée dans la région et est arrivé hier à Séoul. De son côté, la Maison-Blanche a dit vouloir continuer à appliquer vigoureusement les sanctions internationales. « Nous restons déterminés à faire en sorte que la Corée du Nord honore ses obligations internationales (...) », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs. « Notre objectif reste et restera la dénucléarisation » de la péninsule coréenne, a-t-il ajouté. Un peu plus tard, le département d'État a indiqué que les États-Unis sont « très inquiets ». Pour leur part, plusieurs pays européens ont exprimé leur inquiétude. « Nous sommes très préoccupés », a déclaré le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, en arrivant à une réunion avec ses collègues de l'Union européenne à Stockholm. « La situation est (...) préoccupante », lui a fait écho le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt. Son collègue finlandais, Alexander Stubb, s'est dit aussi « inquiet ». La Russie a jugé les faits « très alarmants ». Toutefois, Moscou a plaidé pour la poursuite des négociations avec la Corée du Nord.
D'autre part, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué hier que ses inspecteurs n'avaient pas eu accès en Corée du Nord à des installations d'enrichissement d'uranium. « De novembre 1994 à décembre 2002, et de juillet 2007 à avril 2009, l'AIEA a conduit des vérifications sur le site de Yongbyon. Les inspecteurs ont été limités à cinq installations qui ne comprenaient pas d'activités d'enrichissement d'uranium », a indiqué le porte-parole de l'AIEA, Marc Vidricaire. « Les inspecteurs n'ont pas eu accès à d'autres sites », a-t-il précisé.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine