C'est pas vraiment la joie en Argentine, malgré Maradona... Un bilan comptable mitigé.
Le 28 octobre dernier, Diego Maradona était nommé sélectionneur de l'Albiceleste en remplacement d'Alfio Basile, destitué après la défaite au Chili (0-1). Car après un démarrage canon (3 victoires), l'Argentine s'est enfoncée avec un seul succès en 7 matches (dont 4 nuls et 2 défaites). La nomination de « Diego » a été accueillie comme un vent de fraîcheur et, après huit matches disputés, son bilan est bon : 6 victoires pour 2 défaites, soit 75 % de matches gagnés. Mais si on prend une loupe, on s'aperçoit qu'il y a bien quelque chose qui cloche. Sur les 8 matches joués, on recense quatre amicaux et autant de victoires contre l'Écosse (1-0), la France (2-0), le Panama (3-1) et dernièrement la Russie (3-2). Championne du monde des matches amicaux, la machine est en revanche beaucoup moins impressionnante lors des qualifications. L'Argentine dérape lourdement en Bolivie (1-6), l'avant-dernier du groupe, et se fait dominer sans rien dire en Équateur (0-2). Quatre journées avant la fin, elle a grillé tous ses jokers.
Des joueurs décevants en sélection
Depuis ses débuts, on ne peut pas dire que Maradona soit verni. L'idole argentine n'a jamais eu en sa possession un groupe au complet. À chaque rendez-vous, son lot de blessés. Pour affronter le Brésil, Jonas Gutierrez (Newcastle), Martin Demichelis (Bayern Munich), Sebastian Battaglia (Boca Juniors) et Lucho Gonzalez (Marseille) ont déclaré forfait, alors que Diego Milito (Inter Milan), Nicolas Burdisso (AS Rome) et Sebastian Veron (Estudiantes) sont arrivés sur une jambe. Très investis dans leur club en Europe, les joueurs n'ont pas le même rendement en sélection malgré le charisme évident de Maradona sur le banc. Et Messi ne fait même plus peur. « C'est un dieu en Europe, et il ne rend rien en sélection en Argentine. Au FC Barcelone, ils évoluent tous autour de lui. Les Argentins sont de grands joueurs, mais le sélectionneur Diego Maradona n'a pas encore trouvé l'équipe idéale pour l'accompagner », a estimé Chilavert, l'ancien gardien international emblématique du Paraguay.
La ligne de Maradona reste floue
Moins extravagant en sélection qu'avec le Barça, Lionel Messi est un peu l'arbre qui cache la forêt. Le Catalan est, avec Mascherano et Jonas Gutierrez (remplaçant à Newcastle en D2 anglaise), le joueur de base du sélectionneur, qui ne cesse de tâtonner. Il a brassé pas moins d'une quarantaine de joueurs et sa ligne directrice demeure floue. La défense est un grand chantier. À chaque match, une nouvelle ligne arrière. Entre la jeune garde et l'ancienne génération déclinante, il y a un trou béant. Au milieu, il manque un véritable patron. Riquelme devait être celui-là, mais il s'est mis en retrait. Pour compenser, Maradona se repose sur l'ancien Juan Sebastian Veron (34 ans), qui n'a plus ses jambes de 20 ans. Et pour ne rien arranger, l'ancien « Pibe de Oro » brouille les pistes en changeant constamment de système de jeu (4-4-2, 4-3-1-2, 3-4-3...). Et il est même de plus en plus contesté au sein même de la fédération argentine, qui se plaint que le personnage soit incontrôlable. Une chose est sûre, l'Argentine et Maradona jouent gros, très gros contre le Brésil, bête noire des Argentins...

