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Liban - Interview

CNSS-médecins : seul le patient paie les pots cassés

Il y a un mois, les ordres des médecins de Beyrouth et de Tripoli ont décidé d'augmenter unilatéralement les tarifs des consultations médicales. Une décision qui devrait rectifier une situation « déplorable » qui dure depuis des années. Au grand dam des patients.
« On n'est jamais mieux servi que par soi-même. » Les médecins ont bien compris ce principe. Il y a un mois, ils ont décidé de prendre les choses en main et de rectifier une situation « déplorable » qui dure depuis des années. Dans une conférence de presse conjointe, les présidents des deux ordres de Beyrouth et de Tripoli, Georges Aftimos et Nassim Khoriati, avaient ainsi appelé leurs collègues à appliquer à partir du 1er août la nouvelle tarification des actes médicaux décidée en Conseil des ministres, le 12 mars dernier, mais que la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) refuse de suivre. Depuis un mois, la consultation du généraliste est donc passée de 20 000 LL à 40 000 LL et celle du spécialiste de 30 000 LL à 60 000 LL.
« Les dernières tarifications de la Caisse nationale remontent à 1996, explique à L'Orient-Le Jour le Dr Georges Aftimos. Théoriquement, les tarifs suivaient un peu la hausse des salaires, mais depuis treize ans et malgré la cherté de vie, un statu quo est constaté à ce niveau. »
« En 2008, le gouvernement a décrété une hausse des salaires qui a engendré en principe une hausse des cotisations à la CNSS de l'ordre de 80 milliards de LL, poursuit-il. On nous avait promis une part de cette somme, de l'ordre de 32 ou 34 milliards de LL et le reste devait être attribué aux hôpitaux. Nous n'avons rien reçu. » Et le Dr Aftimos de rappeler qu'un comité a été formé au ministère de la Santé et qu'il a été décidé de majorer le K (le coefficient multiplicateur des actes médicaux) de 5 à 6,5 « ce qui correspond à une augmentation de près de 30 % » et d'unifier les codes des actes médicaux. « Le ministère de la Santé s'est conformé à ces nouvelles tarifications, mais la CNSS et les autres organismes refusent de le faire », précise le Dr Aftimos.
Donc, depuis un mois, une décision a été prise pour « augmenter unilatéralement le tarif de la consultation médicale pour les malades externes ». « Pour les malades hospitalisés, c'est une autre paire de manche, parce qu'il faudrait faire une action de concert avec le syndicat des hôpitaux, qui va intervenir d'ailleurs dans les plus brefs délais, si la CNSS s'obstine à ne pas modifier ses tarifs », insiste le Dr Aftimos.
Mais nombreux sont les spécialistes qui ne respectent pas ces tarifs et leurs honoraires sont nettement supérieurs... « Il s'agit d'une minorité de médecins qui exercent dans les grands hôpitaux ou dont la notoriété est reconnue, constate le Dr Aftimos. Mais je peux vous assurer que 80 % des médecins vivent dans la misère et n'arrivent pas à boucler leur fin de mois. »
Et d'affirmer : « Les médecins ne sont pas responsables du déficit de la CNSS, d'autant que les tarifs de leurs honoraires n'ont pas changé depuis 1996. Le déficit est dû soit aux faibles rentrées générées par les cotisations, soit à un gaspillage. Mais dans les deux cas, ce n'est pas le problème du praticien. En tant que président de l'ordre, je ne peux pas accepter que le médecin continue à assumer seul les conséquences de la cherté de vie et les augmentations des salaires de son personnel. »
« Les médecins sont victimes d'une grande injustice, insiste le Dr Aftimos. La CNSS a un ministère de tutelle qui se doit de trouver une solution à ses problèmes. On ne peut pas demander aux médecins de faire des sacrifices supplémentaires. Cette situation entrave le développement de la médecine au Liban et ne permet pas d'offrir au patient une médecine moderne. »
Un constat qui toutefois pourrait être contesté, d'autant que certains médecins ont des pratiques qui ne sont pas justifiées. « Nous avons reçu du ministère de la Santé une liste des noms de certains de ces médecins, répond le Dr Aftimos. Des mesures seront prises contre eux. Mais on ne peut pas taxer tous les médecins. »
Dans l'attente d'une solution à ce litige médecins-CNSS, c'est le patient qui continue à payer le prix fort, la CNSS ne le remboursant que conformément aux tarifs qu'elle a préalablement fixés...
« On n'est jamais mieux servi que par soi-même. » Les médecins ont bien compris ce principe. Il y a un mois, ils ont décidé de prendre les choses en main et de rectifier une situation « déplorable » qui dure depuis des années. Dans une conférence de presse conjointe, les présidents des deux ordres de Beyrouth et de Tripoli, Georges Aftimos et Nassim Khoriati, avaient ainsi appelé leurs collègues à appliquer à partir du 1er août la nouvelle tarification des actes médicaux décidée en Conseil des ministres, le 12 mars dernier, mais que la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) refuse de suivre. Depuis un mois, la consultation du généraliste est donc...
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