Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Religion

Yale publie un livre sur les caricatures de Mohammad sans les montrer

Nouvelle polémique autour de la liberté d'expression.
La prestigieuse université américaine de Yale, qui édite un livre sur l'affaire des caricatures du prophète Mohammad, a décidé de retirer les 12 dessins incriminés par peur de violences. Les caricatures qui ébranlèrent le monde, qui doit être publié en novembre prochain par les éditions de l'Université Yale, analyse les réactions du monde musulman à la publication en 2005 de ces dessins par le journal danois Jyllands-Posten.
L'auteur Jytte Klausen, professeur de sciences politiques à l'Université Brandeis (Massachusetts, Nord-Est), d'origine danoise, a accepté à regret le retrait des images. « Je pense que c'est dommage que le livre paraisse sans les illustrations. Et il est triste de constater que des éditions universitaires se sentent contraintes de retirer les dessins », a-t-elle estimé dans une interview téléphonique à l'AFP. D'autres images ont également été retirées, notamment une gravure du XIXe siècle de Gustave Doré illustrant un passage de la Divine Comédie de Dante, où le poète italien place Mohammad en enfer.
Le directeur de la maison d'édition Yale Press, John Donatich, a pris sa décision après avoir consulté une vingtaine de diplomates et d'experts. « Je ne l'ai pas ressentie comme une censure, c'était devenu une affaire de sécurité », a-t-il déclaré à l'AFP. « Les caricatures et les illustrations dont nous parlons ici n'étaient pas une information nouvelle. Les publier à nouveau était superfétatoire, si cela signifiait de nouvelles difficultés en perspective. Les experts étaient convaincus que cela aurait provoqué des violences », a-t-il ajouté.
Les vignettes originales étaient apparues en septembre 2005 au Danemark, provoquant une vague de protestations à travers le monde musulman. Cinq personnes étaient mortes lors de manifestations au Pakistan en février 2006. Mais Jytte Klausen n'est pas d'accord. « Les personnes consultées n'ont pas eu le manuscrit et ont donné leur avis sans connaître le contexte dans lequel ces dessins auraient été reproduits », a-t-elle estimé. « Plusieurs relecteurs musulmans avaient lu le manuscrit et n'ont rien eu à redire », a-t-elle ajouté. « Vous pouvez vous attendre à des violences si une quelconque illustration du Prophète est publiée, il y aura des émeutes d'Indonésie au Nigeria », a estimé dans un communiqué le secrétaire général adjoint de l'ONU Ibrahim Gambari. Yale rappelle dans un communiqué que la violence après la publication des dessins avait continué longtemps. Évoquant une explosion à la voiture piégée devant l'ambassade du Danemark à Islamabad, qui avait fait 8 morts en juin 2008, l'université souligne que « le lendemain, (le réseau) el-Qaëda revendiquait la responsabilité de l'attentat, le qualifiant de vengeance pour les dessins insultants ».
L'auteur n'est pas seul à protester contre la décision. Un éditorialiste du mensuel Vanity Fair, Christopher Hitchens, écrit dans le magazine en ligne Slate qu'il s'agit « du pire épisode de reddition à l'extrémisme religieux qui se propage dans notre culture ». Et un chercheur spécialiste de l'islam, Reza Aslan, a tenté en vain de convaincre Yale de publier les dessins.
La prestigieuse université américaine de Yale, qui édite un livre sur l'affaire des caricatures du prophète Mohammad, a décidé de retirer les 12 dessins incriminés par peur de violences. Les caricatures qui ébranlèrent le monde, qui doit être publié en novembre prochain par les éditions de l'Université Yale, analyse les réactions du monde musulman à la publication en 2005 de ces dessins par le journal danois Jyllands-Posten.L'auteur Jytte Klausen, professeur de sciences politiques à l'Université Brandeis (Massachusetts, Nord-Est), d'origine danoise, a accepté à regret le retrait des images. « Je pense que c'est dommage que le livre paraisse sans les illustrations. Et il est triste de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut