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Moyen Orient et Monde - Tension

La crise diplomatique s’aggrave entre Bagdad et Damas

La Turquie tente une médiation, la France appelle au calme.
Bagdad et Damas se sont accusés hier de travestir la vérité, aggravant la crise diplomatique qui les oppose. Lors d'une rencontre avec le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a accusé son voisin d'avoir une responsabilité dans les récents attentats-suicide de Bagdad, affirmant que « 90 % des terroristes arabes se sont infiltrés en Irak à partir du sol syrien ». « Nous demandons l'extradition des deux principales personnes recherchées, Mohammad Younès al-Ahmad et Sattam Farhan, pour ce crime, ainsi que d'autres personnes qui font l'objet de mandats d'arrêt » internationaux, a ajouté M. Maliki. Selon Bagdad, MM. Ahmad et Farhan, deux membres du Baas, parti au pouvoir sous l'ancien président Saddam Hussein et aujourd'hui interdit, ont donné l'ordre, depuis la Syrie, de commettre le double attentat contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances, le 19 août à Bagdad. M. Maliki a une fois de plus réclamé que la Syrie « expulse les terroristes, les baassistes, et les takfiris (extrémistes sunnites) qui ont fait de la Syrie une base pour mener des opérations criminelles en Irak ». Selon lui, depuis 2004, l'Irak a présenté « des noms, des adresses, des informations, des documents et des preuves des activités terroristes et de groupes takfiris connus », a ajouté M. Maliki, continuant à appeler à la création d'un tribunal international pour juger les responsables d'attentats. « L'idée de la formation d'un tribunal pénal international n'est pas dirigée seulement contre la Syrie, mais aussi contre tous ceux qui s'ingèrent » en Irak, a expliqué le ministre des Affaires étrangères irakien, Hoshyar Zebari, lors d'une conférence de presse avec M. Davutoglu.
Le président syrien, Bachar el-Assad, a aussitôt riposté aux accusations irakiennes. « Lorsque la Syrie est accusée de tuer des Irakiens alors qu'elle accueille 1,2 million de réfugiés irakiens, ces accusations sont immorales et à caractère politique », a-t-il dit. « Lorsque les accusations ne reposent sur aucune preuve, cela veut dire qu'elles sont illogiques au regard de la loi », a ajouté M. Assad, qui a une nouvelle fois demandé à Bagdad de lui présenter des preuves.
La semaine dernière, l'Irak a rappelé son ambassadeur à Damas, et la Syrie a répliqué en rappelant son représentant à Bagdad. La Turquie a lancé une médiation entre les deux pays en dépêchant M. Davutoglu. « Je vais transmettre des informations au président syrien et au ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Moallem », a affirmé M. Davutoglu à Bagdad. « Nous souhaitons que toutes les questions soient pacifiquement résolues », a-t-il ajouté. Après Bagdad, M. Davutoglu s'est rendu à Damas et s'est entretenu avec M. Assad, qui a dénoncé des « accusations irresponsables qui nuisent aux relations bilatérales », selon l'agence SANA.
De son côté, la France a exhorté les deux voisins à « reprendre au plus vite le cours normal de leurs relations », a déclaré hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Éric Chevallier.

Bagdad et Damas se sont accusés hier de travestir la vérité, aggravant la crise diplomatique qui les oppose. Lors d'une rencontre avec le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a accusé son voisin d'avoir une responsabilité dans les récents attentats-suicide de Bagdad, affirmant que « 90 % des terroristes arabes se sont infiltrés en Irak à partir du sol syrien ». « Nous demandons l'extradition des deux principales personnes recherchées, Mohammad Younès al-Ahmad et Sattam Farhan, pour ce crime, ainsi que d'autres personnes qui font l'objet de mandats d'arrêt » internationaux, a ajouté M. Maliki. Selon Bagdad, MM. Ahmad et Farhan, deux membres du Baas,...
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