Bafétimbi Gomis, Lisandro Lopez et Michel Bastos : les trois buteurs lyonnais de la cinquième victoire de la saison samedi devant Nancy (3-1) ont tous posé leurs crampons cet été entre Rhône et Saône.
Cette statistique n'illustre pas un accident : l'ex-buteur argentin de Porto (6 buts), l'ancienne « panthère » de Geoffroy-Guichard (4) et l'ex-dynamiteur brésilien de Lille (2) ont inscrit 12 des 17 buts lyonnais depuis le 8 août.
En six matches, ce recrutement le plus cher de l'histoire de l'OL - 72 millions d'euros en ajoutant Aly Cissokho, lui aussi convaincant - est déjà en passe de clore le débat de « l'après », après les départs de Juninho au Qatar et de Karim Benzema au Real Madrid.
Après trois semaines intenses de compétition, Claude Puel ne verse cependant pas dans l'enthousiasme : « Nous terminons un mois d'août très probant pour nous avec des objectifs atteints. Ce n'est qu'un premier mois de compétition et nous savons que le championnat est une course d'endurance. »
Derrière cette modération habituelle, l'entraîneur lyonnais a lui aussi évolué. Moins fermé et rigoureux dans son mode de fonctionnement interne, Claude Puel a pris, 12 mois après son arrivée à Lyon, la mesure de son poste aux responsabilités élargies à l'OL.
Premier entraîneur général de l'histoire du club version Jean-Michel Aulas, il constate aussi que son discours est mieux compris par ses joueurs, combatifs à son image.
« Nous avons une équipe tournée vers le même objectif, détaille de l'intérieur Mathieu Bodmer. Tout le monde est concentré. L'an passé, nous nous reposions plus sur un exploit personnel de Juni ou de Karim (Benzema). Cette année, cela peut partir offensivement de partout. » Claude Puel insistait déjà beaucoup l'an passé sur la notion de « collectif », sans être trop entendu au sein d'un groupe qui traînait une incompréhension généralisée autour de l'explosion du statut de Karim Benzema. Un an plus tard, le mot sort instinctivement de la bouche de tous. « Cette année, nous sommes un vrai collectif et à travers ce collectif, les individualités ressortent. C'est bien. Il faut continuer dans ce sens-là. Il y a eu des moments de flottement face à Nancy, mais nous n'avons pas paniqué », dit ainsi le gardien Hugo Lloris.
Ce bon début de saison est aussi dû à la bonne intégration des recrues, qui ont immédiatement répondu aux attentes.
« Nous avons été bien accueillis, témoigne Aly Cissokho, l'ex-défenseur de Porto. Les anciens nous ont bien adoptés et bien reçus. Et même dans le vestiaire, après les entraînements, nous restons souvent ensemble. Cela parle beaucoup. Et cette entente se voit sur le terrain. » Tout le monde reste cependant prudent après la perte l'an passé du titre de champion de France. « Il ne faut pas se relâcher », prévient Mathieu Bodmer. Ce n'est pas parce que nous avons fait un bon mois d'août que tout va bien se passer. Nous avons payé pour voir l'an passé que faire la course en tête en Ligue 1 pouvait ne rien donner au final. La confiance et les certitudes sont là, mais il n'y a aucune euphorie. »

